PARIS : Santé numérique – L’IA, une révolution…
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PARIS : Santé numérique – L’IA, une révolution entre espoirs et dangers pour les données personnelles
L’essor des assistants santé par IA, de ChatGPT Health aux compagnons numériques, pose d’importantes questions éthiques et médicales.
L’intelligence artificielle s’invite au chevet des patients et bouleverse les paradigmes de la santé en ligne. Depuis le lancement en janvier 2026 de ChatGPT Health par Open AI aux États-Unis, la possibilité pour les particuliers de synchroniser leur dossier médical complet avec un agent conversationnel redessine les contours de l’accès à l’information médicale. Si la promesse de réponses personnalisées est séduisante, cette pratique soulève de profondes inquiétudes quant à la sécurité et à l’utilisation des données de santé les plus intimes.
Des données médicales brutes livrées sans filtre
Le principal point de friction réside dans le transfert massif et non filtré d’informations sensibles vers des applications commerciales. Dans un article publié le 11 juin 2026 dans le prestigieux Journal of the American Medical Association (JAMA), plusieurs chercheurs alertent sur les dérives potentielles d’une telle pratique. Ils estiment que cette approche « inclut des données cliniques que les cliniciens ne partageraient jamais sans les filtrer avec un collègue consultant ».
Pour les auteurs de l’étude intitulée When Patients Share Everything With an AI Chatbot, il ne s’agit pas d’une démocratisation du savoir médical, mais bien d’une « démocratisation des données médicales », incluant des éléments problématiques comme « le langage stigmatisant, les erreurs de diagnostic et les biais institutionnels inhérents au dossier lui-même ». Les risques identifiés sont majeurs : atteintes à la vie privée, discrimination à l’embauche ou à l’assurance, et une possible aggravation des inégalités en matière de santé.
Vers une nouvelle relation médecin-patient ?
Au-delà de la question des données, c’est toute la relation entre le patient et le corps médical qui pourrait être transformée par l’émergence des « compagnons numériques en santé ». Ces conseillers IA, en analysant les symptômes ou en aidant au suivi de traitements, pourraient devenir des intermédiaires incontournables. Loin d’y voir une menace, certains experts y décèlent une opportunité de recentrer la médecine sur l’humain.
Lors d’une audition devant la Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale le 24 juin 2026, Jean-François Delfraissy, président du Comité consultatif national d’Éthique (CCNE), a offert une perspective plus optimiste.
« une bonne utilisation du numérique et santé va permettre de redonner aux médecins un temps pour plus d’humanité et d’écoute vis à vis des patients. Et c’est ce que réclament les citoyens », a-t-il affirmé.
Cette vision postule que l’IA, en prenant en charge les tâches les plus répétitives ou informatives, libérerait un temps médical précieux qui pourrait être réalloué au dialogue et à l’accompagnement personnalisé. L’enjeu sera donc de trouver un équilibre délicat entre l’innovation technologique et la préservation d’un cadre éthique et sécurisé, garantissant que ces nouveaux outils restent au service du patient et du praticien.
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Sources citées :
(1) Ajunwa I, Parikh RB, Cohen IG. When Patients Share Everything With an AI Chatbot: Risks and Opportunities of Large Language Models. JAMA. Publié en ligne le 11 juin 2026. doi:10.1001/jama.2026.9507
(2) Audition de Jean-François Delfraissy à l’Assemblée Nationale (24 juin 2026) : https://videos.assemblee-nationale.fr/video.19215720_6a3b858670f0d
via Presse Agence.

