PARIS : Santé – La perte d’odorat, clé du diagn…
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PARIS : Santé – La perte d’odorat, clé du diagnostic précoce de la Maladie à Corps de Lewy
À l’occasion de la Journée mondiale du 28 janvier, la Fondation Recherche Alzheimer explore la perte d’odorat comme outil de diagnostic précoce de la Maladie à Corps de Lewy.
Deuxième maladie neurocognitive la plus fréquente après Alzheimer, la Maladie à Corps de Lewy (MCL) demeure pourtant largement méconnue du grand public et du corps médical. Alors que la 3ème édition de la Journée mondiale dédiée à cette pathologie se tient ce mercredi 28 janvier, les acteurs de la recherche se mobilisent pour lever le voile sur cette affection qui toucherait 250 000 personnes en France et près de 10 millions dans le monde.
Une errance diagnostique majeure
Le constat est alarmant : près de deux tiers des malades ne seraient pas diagnostiqués correctement. La pathologie est fréquemment confondue avec la maladie d’Alzheimer ou celle de Parkinson en raison de la similitude de certains symptômes. La MCL se manifeste par une combinaison complexe de troubles cognitifs fluctuants, d’hallucinations visuelles, de troubles du comportement en sommeil paradoxal et de symptômes parkinsoniens.
À un stade avancé, elle entraîne une perte d’autonomie sévère et conduit inéluctablement au décès. À ce jour, aucun traitement curatif n’existe, ce qui rend la recherche et le diagnostic précoce absolument cruciaux pour la prise en charge des patients.
La piste olfactive : une révolution potentielle
C’est dans ce contexte que la Fondation Recherche Alzheimer met en lumière un projet de recherche particulièrement innovant mené par Marina Fiori, doctorante. L’hypothèse de travail est surprenante mais fondée : et si la maladie commençait par le nez ?
Le projet explore la perte de l’odorat comme signe précurseur aux tout premiers stades de la maladie. Dans la MCL, une protéine anormale, l’alpha-synucléine, s’accumule dans le cerveau pour former les fameux « corps de Lewy ». Selon les chercheurs, ces dépôts pourraient apparaître très tôt au niveau du système olfactif avant de se propager au reste du cerveau. Une donnée clinique appuie fortement cette théorie : plus de 90 % des patients atteints de MCL présentent des troubles de l’odorat.
Vers des outils de dépistage simplifiés
L’étude en cours s’appuie sur une cohorte clinique variée, regroupant des patients atteints de MCL, d’Alzheimer, de formes mixtes, ainsi que des personnes non malades. Le protocole associe des tests olfactifs, des prélèvements nasaux visant à détecter l’alpha-synucléine anormale, et des examens d’imagerie cérébrale (IRM).
L’objectif est double : développer des outils simples et non invasifs pour diagnostiquer la maladie, et surtout, réussir à la distinguer plus tôt de la maladie d’Alzheimer, permettant ainsi une orientation thérapeutique plus adaptée.
Une mobilisation nécessaire
Pour les experts, cette journée de sensibilisation est un levier indispensable. « Cette journée est essentielle pour mieux faire connaître une maladie encore trop souvent mal diagnostiquée. En soutenant des recherches innovantes, comme le projet de Marina Fiori sur la perte de l’odorat, nous souhaitons contribuer à améliorer le diagnostic et à redonner de l’espoir aux patients et à leurs proches », conclut le Dr Rémy Genthon, Directeur Scientifique de la Fondation Recherche Alzheimer.
La Fondation Recherche Alzheimer (https://www.alzheimer-recherche.org/), située au sein de la Pitié-Salpêtrière à Paris, est le premier financeur privé de la recherche sur Alzheimer en France. Depuis sa création en 2004, elle a alloué plus de 29 millions d’euros à la recherche pour soutenir plus de 195 chercheurs en Europe.