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PARIS : Santé – La kinésithérapie, un levier d’…

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PARIS : Santé – La kinésithérapie, un levier d’économies de 14 milliards d’€ pour le système de santé

Une étude commandée par l’Ordre des kinésithérapeutes chiffre à 14 milliards d’euros les économies potentielles liées à un meilleur accès aux soins.

Améliorer la prise en charge de millions de patients tout en réalisant jusqu’à 14 milliards d’euros d’économies pour la société. Telle est la conclusion d’une étude médico-économique rendue publique ce mardi 23 juin par le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes (CNOMK). Mené par Frédéric Bizard, économiste spécialisé dans les questions de protection sociale, ce rapport met en lumière un paradoxe français : alors que la kinésithérapie est un soin efficace et rentable, son accès reste trop limité, engendrant des surcoûts importants pour la collectivité.

Un non-recours aux soins massif et coûteux

Le constat dressé par l’étude est alarmant : près de 47 % des patients pour qui la kinésithérapie serait indiquée n’y ont pas recours. Ce taux de non-recours atteint des sommets pour les populations les plus fragiles, grimpant jusqu’à 70 % chez les personnes âgées à risque de chute et même 90 % pour certaines pathologies respiratoires comme la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO).

En cause, selon le rapport, une organisation des soins qui impose quasi systématiquement un passage par un médecin pour obtenir une prescription. Ce parcours est accusé de ralentir la prise en charge, de décourager les patients et de creuser les inégalités d’accès, notamment dans les déserts médicaux. Les conséquences, bien documentées, sont lourdes : retards de traitement, aggravation des pathologies, hospitalisations évitables et allongement des arrêts de travail. Pour une lombalgie par exemple, une prise en charge précoce pourrait éviter jusqu’à 36 jours d’arrêt.

L’accès direct comme principale solution

Face à ce gâchis sanitaire et économique, l’étude prône la généralisation de l’accès direct aux kinésithérapeutes, sans prescription médicale préalable. Cette pratique, déjà largement déployée avec succès au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Australie, est actuellement en cours d’expérimentation limitée en France. Le CNOMK rappelle que les kinésithérapeutes disposent aujourd’hui d’une formation de cinq ans conférant le grade de master, incluant des compétences reconnues en matière d’évaluation, de diagnostic kinésithérapique et d’orientation des patients. Ils sont formés pour identifier les signes de gravité (« drapeaux rouges ») nécessitant un avis médical.

Un enjeu de santé publique face au défi démographique

L’optimisation du recours à la kinésithérapie est présentée comme une réponse stratégique au « mur démographique » de 2030, qui verra le nombre de personnes de plus de 75 ans augmenter de plus de deux millions. La prévention des chutes, première cause de décès accidentel chez les plus de 65 ans, constitue un enjeu majeur. Chaque chute évitée représente une hospitalisation et une perte d’autonomie en moins. Selon l’étude, une prise en charge précoce des personnes âgées permettrait d’économiser 1 800 € par patient pour l’Assurance maladie sur cinq ans.

Pascale Mathieu, présidente du Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, appelle les autorités à agir.

« La kinésithérapie est un levier majeur de santé publique. Nous savons depuis des années que le non-recours a des conséquences lourdes : aggravation des pathologies, pertes de chance pour les patients et coûts évitables pour le système. Aujourd’hui, une étude vient enfin le démontrer et le chiffrer », a-t-elle déclaré.

« Nous ne pouvons plus attendre. Les pouvoirs publics doivent désormais s’emparer pleinement de ce sujet. Généraliser l’accès direct, c’est faire un choix clair : permettre aux patients d’être pris en charge plus tôt, éviter les complications et répondre concrètement aux tensions du système de santé. C’est une décision de responsabilité », a-t-elle ajouté.

L’étude recommande une extension de cet accès direct en ciblant en priorité les patients en affection de longue durée (ALD), les personnes souffrant de troubles musculosquelettiques (TMS) et les personnes âgées fragiles, tout en renforçant la coordination et le partage d’informations avec les médecins traitants.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).