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PARIS : Sacha HILIC : « La souveraineté numérique est un le…

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PARIS : Sacha HILIC : « La souveraineté numérique est un levier de compétitivité »

Face aux risques géopolitiques et cyber, la souveraineté numérique s’impose comme un impératif stratégique pour les entreprises françaises.

Longtemps cantonnée aux cercles d’experts, la souveraineté numérique s’est imposée en quelques années comme une préoccupation stratégique majeure pour les directions des systèmes d’information (DSI). Selon une analyse de Sacha HILIC, Directeur général chez IMS Networks, cette évolution répond à une réalité tangible : une large part des infrastructures, des données et de l’innovation repose sur des technologies développées et opérées hors d’Europe.

Un rapport du Cigref, publié en février 2025, venait confirmer cette tendance, révélant que près des deux tiers des DSI considèrent désormais ce sujet comme prioritaire. La question de la préservation de la performance et de la sécurité des systèmes, tout en renforçant leur autonomie, est devenue centrale.

Un environnement numérique sous tension

Le numérique est désormais un terrain d’affrontement où les rapports de force internationaux se manifestent pleinement. Les rivalités entre les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Union européenne redessinent les équilibres technologiques mondiaux. Parallèlement, la menace cyber gagne en intensité et en sophistication. Ransomwares, attaques par déni de service distribué (DDoS), espionnage ou campagnes de déstabilisation ciblent de plus en plus les infrastructures critiques. Chaque incident rappelle que la maîtrise des outils numériques constitue un enjeu de sécurité nationale autant qu’un impératif économique.

Les risques multiples de la dépendance technologique

Selon une étude du Cigref menée en 2025, 80 % des dépenses des entreprises européennes liées aux logiciels et services cloud sont réalisées auprès d’acteurs américains. Cette concentration expose les organisations à des vulnérabilités structurelles, notamment financières, avec une inflation des coûts de licence et d’infrastructure estimée entre 5 et 10 % par an.

Au-delà de l’aspect économique, la confidentialité des données est une préoccupation majeure. Des législations à portée extraterritoriale, comme le Cloud Act américain, permettent aux autorités des États-Unis de demander l’accès à des données hébergées par des entreprises américaines, même hors de leur territoire. Cette problématique concerne également certains services de cybersécurité, où des métadonnées peuvent être exposées. Émerge également la menace du « harvest now, decrypt later » : des données chiffrées, interceptées aujourd’hui, pourraient être stockées puis déchiffrées dans le futur grâce à la puissance de l’informatique quantique.

Quand la géopolitique impacte directement l’activité

Le risque d’une interruption de service due à une décision politique n’est plus théorique. La suspension en 2025 du compte Microsoft du procureur de la Cour pénale internationale, suite à des sanctions américaines, a illustré comment une décision politique peut affecter l’accès à des outils essentiels. De même, les tensions entre l’administration américaine et certains acteurs de l’intelligence artificielle comme Anthropic montrent que des considérations de sécurité nationale peuvent restreindre l’accès à des technologies de pointe. Une dépendance technologique se transforme alors en une vulnérabilité opérationnelle.

Mesurer pour agir : vers une souveraineté pragmatique

Face à ces constats, la première étape est d’objectiver les dépendances. Des outils comme l’Indice de Résilience Numérique (IRN) permettent d’évaluer concrètement la situation en analysant l’origine des fournisseurs, la localisation des données ou le niveau de diversification des prestataires.

Pour Sacha HILIC, renforcer sa souveraineté numérique ne signifie pas s’isoler. Il s’agit plutôt d’une démarche pragmatique visant à retrouver des marges de manœuvre. Cela passe par le recours à des solutions de cybersécurité certifiées (ISO 27001, SecNumCloud), l’adoption de technologies ouvertes ou le développement de compétences internes.

In fine, la souveraineté numérique n’est pas une logique de repli, mais une réponse adaptée aux nouvelles réalités mondiales. Les organisations qui investissent dans la compréhension de leurs dépendances et la diversification de leurs solutions, notamment via des offres européennes, renforcent leur résilience et leur capacité à maîtriser leur trajectoire technologique.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).