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PARIS : Ruptures conjugales – Une étude alerte sur la…

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PARIS : Ruptures conjugales – Une étude alerte sur la fragilité des unions et leur coût pour la collectivité

Une enquête OpinionWay pour la CNAFC révèle que 34 % des ruptures pourraient être évitées, poussant Familles de France à agir.

La vie de couple est de plus en plus fragile en France. C’est le constat alarmant dressé par une enquête OpinionWay, réalisée pour la Confédération Nationale des Associations Familiales Catholiques (CNAFC) et relayée ce mercredi 17 juin 2026 par l’association Familles de France. Menée auprès de 1 013 personnes ayant vécu une séparation, l’étude met en lumière une réalité préoccupante : la durée moyenne des relations rompues s’établit à seulement sept ans et demi, et 72 % des couples concernés avaient des enfants.

Face à ces chiffres, l’association appelle à une prise de conscience collective et à la mise en place de politiques publiques de prévention, arguant que le couple est la « cellule souche de la famille » et que sa fragilité a des conséquences humaines et économiques considérables.

Un sentiment de gâchis et des causes identifiées

L’un des enseignements majeurs de l’étude est le sentiment, partagé par de nombreux répondants, que leur histoire n’était pas condamnée. Avec le recul, plus d’un tiers d’entre eux (34 %) estiment que leur rupture aurait pu être évitée. Ce constat est renforcé par une perception plus générale : 85 % des personnes interrogées jugent que les couples font aujourd’hui moins d’efforts pour surmonter les difficultés qu’auparavant.

Les raisons de ces séparations sont multiples. La divergence des projets de vie et des valeurs arrive en tête, mais elle est suivie de près par un déficit de communication, cité par 74 % des répondants. L’enquête met également en évidence des déséquilibres profonds au sein des couples, notamment les violences psychologiques ou physiques (citées par 34 %) et une répartition inégale des tâches domestiques et de la charge mentale (19 %), qui restent des facteurs de rupture importants.

Un coût humain et financier pour la société

Pour Familles de France, la fragilisation du couple n’est pas une simple affaire privée. L’association rappelle qu’une séparation a des répercussions directes sur l’ensemble de la structure familiale, entraînant bien souvent l’isolement des enfants, une précarisation accrue des mères et des fractures dans le parcours éducatif. La part des familles monoparentales illustre cette tendance : elles représentent désormais 25 % des familles avec enfants mineurs, contre seulement 12 % en 1990.

Le coût pour la collectivité est également massif. S’appuyant sur les travaux de l’économiste Marc de Basquiat et du démographe Julien Damon, Familles de France chiffre l’impact des séparations conjugales à environ 11 milliards d’euros par an pour les finances publiques, en raison des aides sociales, des allocations logement et des pertes fiscales induites. La prévention devient ainsi, selon l’association, un véritable « investissement public ».

Des solutions inspirées de l’étranger et des demandes concrètes

Alors que la France tarde à structurer une politique de soutien aux couples, d’autres pays ont déjà pris des mesures. En Norvège, des offices du bien-être familial accompagnent les couples dès les premiers signes de difficulté. En Australie, l’organisation Relationships Australia subventionne le conseil conjugal depuis plus de 65 ans.

Forte de ces exemples, Familles de France formule trois propositions majeures :

– Le remboursement des séances de conseil conjugal par les Caisses d’Allocations Familiales (CAF), afin d’intervenir avant la crise.

– La garantie d’un accès universel et déstigmatisé à un conseiller conjugal, considéré comme un « médecin généraliste du couple ».

– Une refonte de l’éducation affective et relationnelle des jeunes, pour les préparer aux réalités de l’engagement.

L’association insiste sur l’impact des maux modernes qui « abîment le rapport à l’amour ». La consommation massive de pornographie dès l’adolescence fausserait les représentations de la sexualité et de la relation. Parallèlement, l’omniprésence des écrans et des réseaux sociaux créerait des « distances invisibles » au sein du couple, alimentant une culture de la comparaison et nuisant au dialogue. Pour Familles de France, la conclusion est claire : il est urgent de réapprendre à aimer et de prendre soin du lien qui unit les familles.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).