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PARIS : Ressources Humaines – Les entreprises exigent…

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PARIS : Ressources Humaines – Les entreprises exigent des garanties face à l’ubérisation du coaching

La Société Française de Coaching a dévoilé une enquête révélant que les DRH jugent le coaching stratégique mais réclament plus d’éthique et de repères.

Le coaching professionnel a quitté la périphérie des outils RH pour s’installer durablement au cœur des stratégies de transformation des entreprises. C’est le constat dressé le 5 février dernier à Paris, lors d’un événement organisé par la Société Française de Coaching (SF Coach) à l’occasion de ses 30 ans. Accueillis par Jean-Claude Legrand, Directeur des Ressources Humaines du groupe L’Oréal, des dirigeants et responsables RH ont pu découvrir les résultats de l’enquête nationale intitulée « Les clients parlent du coaching professionnel ».

Si l’utilité de l’accompagnement managérial n’est plus à prouver, l’étude met en lumière une tension croissante entre la démocratisation de la pratique et l’exigence de qualité. Face à une offre pléthorique, les prescripteurs expriment un besoin urgent de lisibilité.

Un outil stratégique sous haute surveillance

L’enquête révèle que le coaching est désormais perçu comme un levier structurant pour l’accompagnement des talents et la performance des organisations. Cependant, cette généralisation s’accompagne d’inquiétudes précises. Les Directions des Ressources Humaines (DRH) peinent parfois à s’assurer de la pertinence et de la déontologie des méthodes employées.

Le marché a vu naître ces dernières années une diversification rapide des formats. Les répondants à l’enquête soulignent la difficulté de distinguer une pratique professionnelle structurée, basée sur des normes établies, d’approches plus opportunistes ou standardisées. La question du « retour sur investissement humain » est au centre des préoccupations : les entreprises veulent pouvoir évaluer les effets concrets de ces accompagnements sur le long terme, dépassant le simple effet de mode.

L’irruption de la technologie et de l’IA

Un des points d’orgue de cette restitution concerne l’évolution technologique du secteur. L’essor des plateformes numériques de mise en relation et l’intégration d’outils basés sur l’intelligence artificielle (IA) dans les processus de coaching suscitent des interrogations majeures.

Si ces innovations permettent de fluidifier l’accès au coaching, elles posent la question de la « personnalisation » réelle de l’accompagnement. Les DRH interrogés manifestent une vigilance accrue face aux risques d’automatisation de la relation humaine. Ils cherchent à comprendre comment ces nouveaux outils peuvent s’intégrer sans dénaturer la posture du coach, ni compromettre la confidentialité et l’éthique indispensables à l’exercice.

La responsabilité du prescripteur engagée

Le choix d’un coach n’est pas un acte anodin pour une entreprise. L’étude insiste sur la notion de responsabilité du prescripteur. En mandatant un intervenant externe auprès de collaborateurs ou d’équipes entières, le DRH engage la responsabilité de l’organisation.

C’est pourquoi les critères de sélection se durcissent. L’enquête montre que les entreprises sont de plus en plus attentives à la professionnalisation des intervenants. L’accréditation par des pairs qualifiés et l’adhésion à un code de déontologie strict deviennent des critères de réassurance essentiels. Les décideurs RH attendent des garanties sur le cadre d’intervention pour protéger les bénéficiaires et assurer l’alignement avec la culture de l’entreprise.

Vers une co-construction des référentiels

Au-delà du simple constat, la SF Coach (https://www.sfcoach.org/) entend utiliser ces résultats pour faire évoluer la profession. L’association, créée en 1996 et pionnière dans l’établissement de normes éthiques en France, a annoncé vouloir dépasser la simple restitution d’enquête.

L’objectif est désormais d’instaurer un dialogue permanent entre les praticiens et les donneurs d’ordre. Des groupes de travail conjoints, réunissant des coachs professionnels et des DRH, vont être constitués. Cette initiative vise à co-construire de nouveaux référentiels adaptés aux pratiques émergentes. Il s’agit de définir ensemble ce qui relève d’un coaching professionnel exigeant et utile, capable de répondre aux défis contemporains du monde du travail tout en intégrant intelligemment les nouvelles technologies.

Pour la SF Coach et les acteurs présents lors de cette matinée de réflexion, l’enjeu est clair : éviter que le coaching ne se dilue dans une offre de services standardisée et préserver sa valeur ajoutée humaine et stratégique.