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PARIS : Réseaux sociaux – La « fatigue de l’écr…

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PARIS : Réseaux sociaux – La « fatigue de l’écran » envahit TikTok, les utilisateurs en quête de déconnexion

Une étude de PlayersTime révèle l’explosion sur TikTok des contenus de « détox numérique », signe d’une lassitude croissante des utilisateurs.

La pression d’une connexion permanente alimente une vague de contestation sur les réseaux sociaux. Une étude récente de PlayersTime, menée en avril auprès de 1 509 adultes nord-américains et européens, met en lumière un phénomène paradoxal : TikTok, plateforme emblématique du défilement infini (« scrolling »), est devenu le principal vecteur d’un mouvement de « détox numérique ». Les utilisateurs, épuisés par la surconsommation de contenus, y partagent massivement leurs stratégies pour se déconnecter.

Une vague de déconnexion submerge TikTok

Les chiffres, compilés en mai 2026, sont éloquents. Sur les 12 hashtags les plus pertinents liés à la fatigue numérique, plus de 46 000 nouvelles vidéos ont été publiées en un seul mois, portant le total à près de 905 000. Le mot-dièse #screentime (temps d’écran) est le plus dynamique, avec 15 200 nouvelles publications en mai, soit une hausse de 7,64 % pour un total de 214 100 vidéos.

La prise de conscience de la dépendance est également palpable. Le hashtag #phoneaddiction (addiction au téléphone) a enregistré la plus forte croissance mensuelle (+11,67 %), atteignant 33 500 publications. D’autres tendances confirment ce mouvement de fond : #digitaldetox (détox numérique) a crû de 8,59 % et #doomscrolling (consultation compulsive de nouvelles négatives) de 7,77 %, frôlant les 100 000 vidéos. Des courants plus confidentiels mais significatifs comme le #digitalminimalism (minimalisme numérique) ou le #dumbphone (téléphone basique) connaissent également des progressions supérieures à 7,5 %.

L’hyperconnexion, une norme pour la Génération Z

L’enquête de PlayersTime révèle des habitudes numériques profondément ancrées, particulièrement chez les plus jeunes. Si 51 % des participants passent plus de trois heures par jour sur les réseaux sociaux, ce chiffre grimpe à 78,6 % pour la Génération Z (18-29 ans). Près de 21 % des sondés se déclarent même « chroniquement en ligne », avec plus de huit heures d’utilisation quotidienne.

Les rituels confirment cette immersion : 46 % des personnes interrogées consultent leur téléphone dès le réveil et 54,8 % admettent se surprendre à défiler sans but au moins une fois par jour. L’étude note une différence de perception selon le genre : 61 % des femmes se sentent dépendantes aux réseaux sociaux, contre 41 % des hommes. Cependant, la distraction au travail ou dans les tâches quotidiennes touche les deux sexes de manière égale (environ 61 %).

Un cycle d’épuisement, d’anxiété et de méfiance

Cette hyperconnexion a un coût psychologique élevé. Interrogés sur leurs émotions face aux contenus en ligne, les participants se disent majoritairement « submergés » (63,4 %) et « anxieux » (52,8 %). Après de longues périodes en ligne, les sentiments les plus cités sont la fatigue et l’épuisement (64,4 %), le surmenage et le manque de concentration (56,5 %).

Le « doomscrolling » est identifié comme une source directe d’anxiété pour 54,9 % des sondés. Cette saturation émotionnelle nourrit une méfiance généralisée : 53,7 % des utilisateurs doutent souvent de la véracité des contenus qu’ils consultent. Face à ce constat, une écrasante majorité (près de 90 %) exprime le désir de changer ses habitudes numériques, notamment en arrêtant le défilement inconscient.

Silvana Vladimirova, analyste de données et auteure de l’étude pour PlayersTime, analyse cette contradiction.

« Pendant des années, les plateformes de médias sociaux se sont disputées une seule chose avant tout : l’attention. L’ironie, c’est que TikTok est maintenant rempli d’utilisateurs qui essaient ouvertement d’échapper aux habitudes de défilement sans fin que ces plateformes ont été conçues pour encourager », souligne-t-elle.

« Si ces tendances continuent de s’accélérer, les entreprises technologiques pourraient finir par subir une pression croissante pour prouver qu’elles peuvent soutenir des habitudes d’utilisation plus saines sans saper les modèles économiques basés sur l’engagement dont elles dépendent », conclut l’experte.

L’étude complète, qui explore également les tendances sur Google, est disponible sur le site de PlayersTime (https://www.playerstime.com/reports/doomscrolling-survey/). L’ensemble des données brutes de l’enquête est accessible publiquement (https://docs.google.com/spreadsheets/d/1rU_XFEu2BCKXyRzONWIbo5oSyeun2Ax7_nKPAoXHzKk/).

via Presse Agence.