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PARIS : RER B, les premières actions du plan ramette encl…

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Floriane Dumont
27 Jan 2024

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PARIS : RER B, les premières actions du plan ramette enclenchées

Valérie Pécresse, Présidente d’Île-de-France Mobilités et de la Région Île-de-France, a réuni, vendredi 26 janvier 2024, Jean Castex, PDG de la RATP et Jean-Pierre Farandou, Président de SNCF, pour faire le point sur l’avancement de la mise en œuvre du plan de Yves Ramette destiné à redresser le RER B, la ligne la plus sinistrée du réseau. Ce plan, commandé en mars 2023 par Valérie Pécresse, a pour objectif de gagner 1 point de ponctualité par an jusqu’en 2035.

Valérie Pécresse a souligné que la ponctualité reste insuffisante à ce jour (85 % en 2023). Elle attend une mise en œuvre rapide des 14 actions prioritaires du plan Ramette présentées en octobre 2023 et compte sur le plein engagement et la coordination de l’ensemble des acteurs.

Parmi les mesures du plan Ramette enclenchées :

–       Il a été décidé d’adapter les rénovations de trains pour ajouter 6 trains supplémentaires à l’exploitation de la ligne pour améliorer sa robustesse. Quatre trains sont déjà déployés, 2 sont encore en rénovation et arriveront au mois de février.

–       Tous les trains seront équipés d’ici juin de puces GPS permettant leur localisation et unifier la planification de la maintenance entre le site SNCF de Mitry au nord et le site RATP de Massy au sud.

–       Les limitations de vitesse seront réduites de moitié en 3 ans grâce à un travail collectif de mutualisation des travaux sur les voies entre la RATP et la SNCF. Enfin, la réaction en cas de bagage abandonné est accélérée avec la mise en place d’une nouvelle équipe cynophile à Roissy

La lutte contre les intrusions sur les voies, avec la mise en place de tapis anti-intrusion, de grilles et de patrouilles de la SUGE ont réduit les intrusions au niveau de Gare du Nord. En ce qui concerne les intrusions sur réseau au nord de Paris, qui sont fréquentes, SNCF réseau a mis en place une nouvelle procédure depuis juin 2023 qui permet de rouler « à vue » en cas d’intrusion non avérée, cas qui occasionnait auparavant une coupure du courant et un arrêt total des circulations.

Sur le sujet des malaises voyageurs, qui impactent gravement le service du RER B, les opérateurs sont en train de mettre en place une nouvelle procédure, en lien avec l’APHP (le SAMU) et la BSPP, visant à permettre de sortir les voyageurs malades de la rame sur le quai, ce qui permet de soigner plus facilement les malades, et d’éviter d’arrêter le service voyageur. Cette nouvelle procédure sera progressivement mise en place à partir du 1er semestre 2024.

Par ailleurs, Île-de-France Mobilités finance le déploiement de nouveaux écrans d’information voyageurs sur les quais du RER B, qui permet de donner plus d’information en cas de situation perturbée. Le déploiement a débuté en 2023 et se terminera en 2024.

Quant aux actions structurantes de moyen terme, elles sont également pleinement engagées. Dernière en date : l’installation à la Plaine-Saint-Denis du Centre de commandement unique pour les lignes B et D a été décidée. Elle sera opérationnelle en 2030 et sera décisive pour éviter les incidents en cascade et réduire la durée des incidents sur ces deux lignes qui utilisent les mêmes voies dans le tunnel à Châtelet.

Depuis les conclusions de l’audit Ramette, suivant une de ses préconisations, une réunion de direction hebdomadaire est organisée avec la direction du RER B de la SNCF, la direction du RER B de la RATP, la direction de SNCF Réseau Ile-de-France, et la direction du matériel de la RATP qui faire la maintenance des trains du RER B.

Les premiers effets de ces mesures devront se faire ressentir dès l’année 2024 avec pour objectif d’atteindre dès cette année 87% de ponctualité. Un prochain comité sera organisé avant l’été 2024 pour s’assurer du bon avancement du plan d’actions.

Par ailleurs, une campagne de dédommagement sera lancée dans les prochaines semaines pour que les usagers impactés, notamment ceux du RER B puissent bénéficier d’un remboursement jusqu’à 1,5 mois de passe Navigo, conformément aux derniers contrats signés par Île-de-France Mobilités avec la RATP et la SNCF.

Enfin, Valérie Pécresse a rappelé que l’amélioration doit être la priorité n°1 des opérateurs (RATP et SNCF). Si aucun signe d’amélioration n’est constaté rapidement, il sera demandé de créer une société unique pour gérer la ligne.

Le rapport de Yves Ramette, un audit du fonctionnement du RER B

Il y a un an en février 2023, Île-de-France Mobilités a décidé de lancer un audit complet du fonctionnement du RERB. La réalisation a été confiée à Setec et Rail Concept sous le pilotage de Yves Ramette. L’adhésion des opérateurs à cette démarche a permis de de poser un diagnostic solide sur le fonctionnement de la ligne et les difficultés récurrentes rencontrées :

  • une multiplicité d’acteurs qui complexifie les interfaces et les décisions,
  • un système ferroviaire qui n’est plus suffisamment performant pour répondre au niveau de fréquentation de la ligne et aux attentes des usagers
  • un volume et une densité de travaux qui impacte le fonctionnement de la ligne, même en journée de semaine, en dehors des périodes usuelles de travaux que sont les weekends et l’été.
  • La fiabilité et la disponibilité du matériel roulant ne sont pas suffisantes. La gestion des interfaces pourrait être améliorée.
  • La ligne B est marquée par un impact fort de grands incidents sur son exploitation. La présence d’un bruit de fond complexifie la gestion de ces incidents et mène à un nombre important de journées très insatisfaisantes.

Un plan d’actions a été défini et partagé avec les opérateurs en octobre 2023, reposant sur 14 actions prioritaires. Ces premiers effets devront être sensibles pour les voyageurs dès le premier semestre 2024 et permettre d’atteindre l’objectif de +1 point de ponctualité par an en moyenne.