PARIS : Reporting RSE, l’Europe appuie sur le frein, au ris…
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PARIS : Reporting RSE, l’Europe appuie sur le frein, au risque de fragiliser la transparence
La Commission européenne prépare une réforme en profondeur du reporting social et environnemental.
L’objectif affiché est clair : réduire la charge administrative qui pèse sur les entreprises. Mais derrière cette volonté de simplification, les observateurs craignent un recul significatif de la transparence et de la responsabilité des acteurs économiques.
Concrètement, le champ d’application de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) serait drastiquement réduit : seules les entreprises de plus de 1 000 salariés resteraient concernées par l’intégralité du reporting, ce qui exclurait une immense majorité des sociétés européennes. Parallèlement, l’application de la directive sur la diligence raisonnée (CSDDD) est repoussée à 2028 et recentrée sur les seuls fournisseurs directs. Cette évolution représente certes une économie de plusieurs milliards d’euros pour les entreprises, mais risque aussi d’affaiblir la fiabilité des données ESG dont dépendent investisseurs, régulateurs et consommateurs.
Au-delà de la technique, c’est une question de modèle européen qui est posée : voulons-nous alléger les contraintes au risque d’affaiblir notre ambition climatique, ou maintenir un haut niveau d’exigence quitte à accroître les coûts de conformité ? Derrière cette réforme se cache un choix stratégique qui aura des répercussions durables sur la compétitivité des entreprises et la crédibilité de l’Union européenne en matière de durabilité.
Des questions clés se posent :
L’Europe peut-elle encore prétendre au leadership mondial sur la transparence extra-financière si ses règles deviennent moins contraignantes ?
Cette réforme marque-t-elle une victoire des lobbies économiques sur les ambitions climatiques ?
En excluant la majorité des PME et ETI, ne crée-t-on pas un reporting « à deux vitesses » source de distorsion de concurrence ?
Comment assurer la comparabilité et la fiabilité des données si le périmètre est réduit et les obligations allégées ?
Quels risques contentieux et réputationnels pour les entreprises qui, demain, publieraient des données incomplètes ou trop générales ?


