PARIS : Réindustrialisation – Une étude de l’In…
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PARIS : Réindustrialisation – Une étude de l’Institut Terram alerte sur les conflits territoriaux
L’Institut Terram publie une étude qui déconstruit le mythe d’une réindustrialisation facile et expose ses conflits d’usage locaux.
L’Institut Terram () publie, ce jeudi 11 juin 2026, une étude intitulée « Transition industrielle : du récit national aux territoires stratèges » qui vient nuancer le discours politique dominant sur la réindustrialisation de la France. Loin de l’image d’un projet consensuel et universellement bénéfique, les auteurs révèlent une réalité plus complexe, marquée par d’intenses concurrences et des arbitrages douloureux à l’échelle locale.
Un héritage contraignant et des tensions matérielles
Selon les auteurs Anaïs Voy-Gillis, Hugo Lambert et Tristan Méneret, le consensus politique autour de la réindustrialisation est « trompeur » car il masque les tensions concrètes qu’elle engendre. La transition industrielle intensifie la compétition pour l’accès aux ressources limitées comme le foncier, l’énergie, l’eau et la main-d’œuvre.
L’étude souligne que les territoires ne sont pas des pages blanches. Façonnés par leur passé productif, ils subissent des effets d’inertie où les décisions d’hier, notamment en matière d’infrastructures, limitent les trajectoires de développement possibles aujourd’hui. La désindustrialisation n’a pas été un phénomène uniforme, mais une « recomposition asymétrique » qui a profité à quelques grandes métropoles, laissant des territoires face à des reconversions difficiles et une « fatigue territoriale » due à des charges non compensées.
La fracture entre production et décision : le cas des Pays de la Loire
Pour illustrer son propos, l’analyse s’appuie sur le cas des Pays de la Loire, première région industrielle française au regard du poids de l’industrie dans l’emploi. L’étude met en lumière une dissociation structurelle préoccupante : 75 % des emplois industriels de la région, localisés dans des établissements secondaires, dépendent d’un siège social situé en dehors du territoire.
Cette déconnexion est particulièrement visible dans les filières d’avenir. Des secteurs comme l’éolien en mer ou l’hydrogène concentrent les investissements, mais aussi les contraintes (foncières, environnementales, sociales), au niveau local. Pendant ce temps, la création de valeur, les décisions stratégiques et les bénéfices des marchés se décident souvent ailleurs, privant les territoires d’une partie des retombées de leur propre effort industriel.
Vers des « territoires stratèges » pour piloter la transition
Face à ce constat, l’étude appelle à l’émergence de « territoires stratèges ». Il ne s’agit pas pour les acteurs locaux de tout maîtriser, mais plutôt d’acquérir une lucidité sur leurs dépendances pour élargir leurs marges de manœuvre.
Cela passe par une capacité d’arbitrage politique forte pour clarifier les contraintes, définir un projet industriel cohérent avec les spécificités locales et, surtout, assumer des renoncements. Pour les auteurs, un territoire stratège est celui qui mobilise activement ses leviers d’action (gestion du foncier, conditionnalité des aides publiques, développement des compétences) pour suivre une trajectoire claire et mesurable. Cette stratégie locale ne peut cependant réussir, conclut l’étude, que si elle s’inscrit dans un cadre national et européen stable et lisible.
L’étude complète, fruit d’un travail de recherche approfondi et relue par un comité d’experts issus d’entreprises comme GRDF, ENGIE, ou encore Bpifrance, est accessible sur le site de l’Institut Terram (https://institut-terram.org/publications/transition-industrielle-du-recit-national-aux-territoires-strateges/).
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

