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PARIS : Reconnaissance d’un État palestinien – 4 livres, 4 femmes, 4 regards
À l’occasion du sommet du 22 septembre, à l’ONU, co-présidé par Paris et Ryad, pour la reconnaissance d’un État palestinien, découvrez quatre ouvrages portés par des femmes sur le conflit en cours.
Une démonstration magistrale par une grande spécialiste du droit international :
« Une issue au conflit par laquelle Israël accepterait de reconnaître un État Palestinien vivant à ses côtés n’interviendra pas, parce qu’Israël y est opposé et n’a jamais été sincère dans les moments où, contraint par des tiers, il a feint de l’envisager. À travers l’examen des événements dans le temps, et cela depuis la naissance du mouvement sioniste, le présent ouvrage montre que ce dernier a persisté, avant comme après la création d’Israël, dans la volonté́ de s’approprier toute la terre de Palestine. »
Dans cette analyse implacable de soixante-quinze ans de faux-semblants israéliens, la spécialiste du droit international, Monique Chemillier-Gendreau, démontre comment Israël a systématiquement entravé la création de cet État en s’attaquant aux éléments fondamentaux qui le composent, de l’expulsion des Palestiniens à l’occupation de Jérusalem, en passant par l’implantation de colonies rendant impossible un territoire palestinien continu. La communauté́ internationale doit prendre acte de cette situation et imposer une paix fondée sur le respect du droit.
Un hommage au talent et au courage de la jeune photographe palestinienne assassinée :
Fatma Hassona avait 25 ans lorsqu’elle a été assassinée avec toute sa famille par un tir ciblé de l’armée israélienne le 16 avril 2025. Photojournaliste indépendante palestinienne, elle avait choisi de documenter la vie à Gaza depuis le début de l’offensive israélienne en représailles aux attaques du Hamas le 7 octobre 2023. Ce livre rassemble ses photographies réunies grâce à la réalisatrice Sepideh Farsi qui signe un très émouvant documentaire, Put Your Soul on Your Hand and Walk, consacré à ses échanges quasi quotidiens durant un an avec Fatma. C’est suite à l’annonce de la sélection du film au festival de Cannes que la photojournaliste a été éliminée. Alors que plus de 200 journalistes ont été tués et qu’Israël empêche toute incursion de la presse à Gaza, ces images sont aussi précieuses que nécessaires : elles nous obligent à ne pas fermer les yeux, ne pas dire que l’on ne savait pas.
Le livre est construit comme un journal où cohabitent les images et les mots de Fatma Hassona. Des dialogues, poèmes, réflexions, qui mêlent le récit d’un quotidien infernal – où l’on tente de survivre malgré les frappes aériennes et la faim – à la détermination de la photographe et l’absolue nécessité de documenter cette sale guerre. Une conviction exprimée avec enthousiasme et douceur avant que ses paroles ne trahissent son désespoir : « Je ne veux pas être juste une brève dans un journal, ou un chiffre en bas d’une colonne, je veux une mort que le monde entendra, un impact qui restera dans la durée, une image qui ne pourra être enterrée par le temps. »
Un texte magnifique et bouleversant :
« Je vais essayer d’écrire. Et en écrivant, d’écarter les mots qui ne servent plus à rien, sinon à retarder le moment d’en inventer peut-être d’autres. » En s’appuyant sur son histoire et ses rencontres, l’écrivaine libanaise Dominique Eddé ramène la dimension de l’intime et du psychique dans l’appréhension du conflit israélo-palestinien. Un texte magnifique et bouleversant.
« J’ai écrit cet essai, comme on tente de se frayer un chemin dans un paysage dévasté. Dans un temps sorti de ses gongs. Je l’ai rédigé au plus près – au jour le jour – de la tragédie que vivent les Palestiniens. Mon accusation sans concession du régime israélien qui a sombré dans la barbarie ne me rend pas moins critique des agissements du Hamas. Ma recherche se situe cependant en dehors du débat tel que la majorité des médias le propose. Elle porte d’abord sur la menace de désintégration de l’être. Elle tourne – au-delà du Moyen-Orient – autour de ce qui anime, depuis toujours mais plus gravement aujourd’hui en termes de conséquences, l’ignorance et la haine au sein de notre espèce. Avec le mince espoir d’accéder, ne serait-ce qu’un peu, aux angoisses d’où elles viennent. L’écrire, c’est penser à voix haute après avoir pensé en silence. Il s’est agi de trouver le ton. De ne pas laisser la colère l’emporter sur le goût de l’autre et l’envie de paix.»
La nouvelle édition augmentée de l’essai choc qui déconstruit le concept de « civilisation judéo-chrétienne ». Un ouvrage essentiel qui dévoile les mécanismes de cette invention et ses conséquences profondes sur la perception de l’histoire et des relations internationales contemporaines.
Depuis des décennies, le concept de « civilisation judéo-chrétienne » domine les discours politiques et médiatiques en Occident, présenté comme le socle culturel de l’Europe et de l’Amérique du Nord. Mais que cache cette expression devenue une référence hégémonique ?
Récupéré par des acteurs variés – États, mouvements politiques ou nationalismes – ce concept justifie des dynamiques d’exclusion et des récits simplifiés. Le sionisme puis l’État d’Israël à partir de sa création ont eu besoin d’affirmer leur ancrage exclusif à l’Occident,se proclamant aujourd’hui comme le « bastion avancé de la civilisation judéo-chrétienne » face à « l’ennemi arabo-musulman », tandis que les nationalismes arabes ont vu dans cette expression un instrument commode pour nier la dimension juive de l’histoire de leurs propres pays.
Dans cet essai incisif, l’autrice dévoile comment ce binôme, loin d’être neutre, sert à occulter deux millénaires de persécutions antisémites, à nier l’apport de l’Orient dans l’histoire occidentale, et à exclure l’islam de la construction culturelle européenne.
Il est plus que jamais nécessaire de mettre à jour la capacité de nuisance de cet objet « judéo-chrétien » et de déconstruire cette imposture.


