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PARIS : Rapport pour l’Assemblée nationale sur l&rsqu…

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PARIS : Rapport pour l’Assemblée nationale sur l’abstention

La hausse de l’abstention est une tendance que l’on observe dans la plupart des démocraties.

En France, ce phénomène est enregistré depuis déjà longtemps. La poussée de l’abstention est le résultat d’un grand nombre de facteurs politiques et sociaux. Ainsi, le déclin du clivage partisan gauche/droite marque l’effacement des élections à la fois disputées et polarisées qui jouaient fortement en faveur de la participation. Au contraire, les coalitions gauche/droite sont l’une des causes de la démobilisation. Sans qu’il ait été question de coalition, les cohabitations ont alimenté le sentiment d’une proximité entre la gauche et la droite jouant contre l’intérêt de la participation. On notera d’ailleurs que l’abstention historique (28,4%) du 21 avril 2002 s’inscrit dans la suite d’une longue cohabitation (1997-2002).

Le fort retentissement de ce premier événement d’abstention majeur est d’abord lié au fait qu’il s’agissait de l’élection présidentielle, ensuite au fait que le niveau de l’abstention pour le premier tour de cette élection était sans précédent, et il demeure un record aujourd’hui. Enfin, le choc de ce fameux « 21 avril » tenait au fait que l’abstention était une des causes principales de l’élimination du candidat du Parti socialiste, le Premier ministre Lionel Jospin. Dès lors, chacun peut comprendre que l’abstention est bien l’un des facteurs expliquant le résultat d’une élection, que les conséquences politiques de la non-participation sont non seulement importantes mais parfois déterminantes. Plus près de nous, le 28 juin 2020, lors du second tour des élections municipales – l’autre scrutin auquel les Français sont particulièrement attachés – un nouveau record d’abstention était enregistré (58,4%), très supérieur au précédent record pour ce scrutin (37,9%) en 2014. Il est évident que l’abstention de 2020 peut s’expliquer en partie par la situation sanitaire. Cependant, on ne peut réduire la désertion électorale à la crainte de la Covid-19. En effet, d’une part, le second tour des élections municipales a eu lieu le 28 juin 2020, soit plus d’un mois après le déconfinement (11 mai). Ensuite, l’abstention record lors des élections régionales de 2021 a bien montré qu’il s’agissait d’une tendance obéissant à des déterminations propres.

L’abstention est entrée dans notre démocratie. Elle fait désormais partie de notre vie politique. Nous allons devoir mieux anticiper les effets et les perturbations qu’elle est capable de produire. Nous allons aussi devoir réfléchir aux voies et moyens permettant de contenir cette évolution, voire, si possible, de l’inverser. En effet, le vote est la clé de voûte de notre système de gouvernement et notre régime ne survivrait pas à une érosion continue de la participation électorale. Aussi, la Fondation pour l’innovation politique est heureuse de pouvoir contribuer pleinement au lancement d’une réflexion initiée par la présidence de l’Assemblée nationale et de son président, Monsieur Richard Ferrand.

On trouvera ci-après un ensemble de données et de réflexions permettant d’éclairer la compréhension de l’abstention et de nourrir les propositions visant à favoriser le regain de la participation électorale.

SOURCE : Fondation pour l’innovation politique – Newsletter du 6 octobre 2024.