PARIS : Rapport du Sénat sur les marges des industriels et…
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PARIS : Rapport du Sénat sur les marges des industriels et de la grande distribution
La rapporteure Antoinette Guhl a rendu public ce jour les conclusions de la commission d’enquête sénatoriale sur les prix et les marges des industriels et de la grande distribution, au terme de six mois de travaux et de 71 auditions.
Sept organisations professionnelles représentant l’ensemble des fabricants de produits de grande consommation établis en France saluent ce travail et appellent le gouvernement à agir.
Un rapport qui tranche le débat
Le rapport sénatorial jette la lumière sur ce que beaucoup savaient : le pouvoir d’achat du consommateur français n’est pas protégé par la grande distribution. Depuis vingt ans, la grande distribution cultive un récit selon lequel elle serait le bouclier des Français face à des industriels qui chercheraient à augmenter les prix. La commission en démonte l’imposture avec une rigueur sans précédent.
Le rapport offre une démonstration documentée du transfert continu de valeur de l’amont vers l’aval de la chaîne, au profit des enseignes de distribution. La répartition de la valeur dans la chaîne alimentaire est très déséquilibrée : la distribution en capte 40 %, quand l’agriculture n’en perçoit que 8 % et l’industrie 14 %.
Le rapport l’établit graphiquement : depuis 2021, les prix de vente aux consommateurs augmentent systématiquement plus vite que les tarifs négociés avec les fournisseurs – l’écart se creuse chaque année au profit des enseignes. Parallèlement, le coût des accords de services internationaux imposés aux industriels est passé de 780 millions d’euros en 2019 à 1,1 milliard d’euros en 2024.
Se trouve ainsi contredit, dans ses fondements mêmes, le discours par lequel la grande distribution s’érige en seule garante du pouvoir d’achat. Cette captation de la valeur par l’aval fragilise par cascade la rémunération des producteurs agricoles et des pêcheurs. Il érode les capacités d’investissement des fabricants établis en France. Ce sont les citoyens qui, dans la durée, en supportent les conséquences – pertes d’emplois, fermetures d’usines, réduction de l’offre, recul des produits biologiques, dépendance croissante aux importations et un risque à terme de conséquences directes sur les prix pour les consommateurs mais aussi pour notre amont agricole et notre souveraineté industrielle.
Des pratiques déloyales érigées en système
D’un côté 25 000 industriels locaux ou nationaux et de l’autre seulement trois centrales d’achat qui contrôlent près de 90 % des achats de produits de grande consommation. Ce n’est plus une négociation : c’est une soumission économique structurelle.
SOURCE : ILEC – La Voix des marques.

