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PARIS : Raphaël MAISONNIER : « Le feedback mal formulé agit comme un miroir brutal mais nécessaire »

Une étude de Fasterclass révèle un paradoxe : si les Français se croient lucides, 93 % ont déjà été surpris par des retours négatifs.

Une enquête nationale menée par l’organisme de formation Fasterclass met en lumière un décalage spectaculaire entre la perception que les professionnels français ont d’eux-mêmes et la réalité de leur image renvoyée par leurs collègues. Publiée ce lundi 27 avril 2026, l’étude, réalisée auprès de 3 114 actifs, montre que si une majorité se sent sûre d’elle et de sa lucidité, la quasi-totalité a déjà été déstabilisée par un feedback inattendu, révélant de profondes difficultés à gérer la critique dans le monde du travail.

Un décalage massif entre perception et réalité

Les chiffres sont éloquents et dessinent les contours d’un angle mort collectif. Alors que 64 % des sondés estiment « bien » ou « très bien » se connaître, et que 56 % se jugent « plus lucides » que la moyenne de leurs concitoyens – un chiffre qui défie la logique statistique –, la confrontation au regard des autres s’avère souvent brutale. En effet, 93 % des personnes interrogées admettent avoir déjà été surprises par un feedback qui ne correspondait absolument pas à l’image qu’elles se faisaient d’elles-mêmes. Pour près d’un quart d’entre elles (23 %), cette situation s’est même produite « souvent ».

« Ce que révèle cette étude, c’est un paradoxe frappant : nous sommes nombreux à penser bien nous connaître, mais le regard des autres nous surprend encore massivement, et la plupart du temps négativement. Souvent, le feedback mal formulé agit comme un miroir brutal — mais quand même nécessaire — pour progresser réellement », analyse Raphaël Maisonnier, conférencier et PDG de Fasterclass. Il précise qu’un « feedback est une information fondée sur une observation, et exprimée pour transmettre un apprentissage. En aucun cas une critique ou une réprimande ».

La critique, un choc souvent mal encaissé

La réception d’une remarque inattendue provoque des réactions vives. Selon l’enquête, 69 % des Français ont déjà été « sidérés » par une critique qu’ils n’avaient pas anticipée, dont 31 % à plusieurs reprises. Face à un retour négatif, les réflexes défensifs prédominent largement sur une approche constructive. Seuls 17 % des sondés cherchent en premier lieu à « comprendre » et à approfondir les propos de leur interlocuteur. À l’inverse, une majorité se braque : 23 % remettent en question la légitimité de la personne qui formule la critique, tandis que 21 % cherchent immédiatement à se justifier. Cette posture défensive souligne une fragilité dans la culture du dialogue en entreprise, où la critique est encore trop souvent perçue comme une attaque personnelle plutôt qu’une opportunité de développement.

La peur de fragiliser son image professionnelle

Cette difficulté à accepter la critique se double d’une forte appréhension à la solliciter. Près d’un Français sur deux (49 %) avoue craindre que demander un feedback sincère ne fragilise son image professionnelle. Cette peur de paraître faible ou incompétent constitue un frein majeur au progrès individuel et collectif. Pourtant, une minorité éclairée (11 %) a compris que cette démarche pouvait au contraire renforcer sa réputation.

« Demander du feedback, c’est tout sauf un aveu de faiblesse : c’est envoyer un signal fort. Celui de quelqu’un de motivé, qui veut progresser, qui ne laisse rien au hasard et qui a le sens du détail. Autrement dit, une véritable opportunité de renforcer sa réputation professionnelle », commente Raphaël Maisonnier. Malgré cela, seuls 41 % des actifs se disent prêts à entendre une vérité « brute », même si elle leur permettait de progresser plus vite.

Un outil de progression au potentiel inexploité

Malgré ces mécanismes de défense, la perception du feedback reste majoritairement positive sur le principe. Pour 32 % des sondés, il s’agit avant tout d’un « outil de progression personnelle », et pour 21 %, d’un « outil de connaissance de soi ». Ces chiffres montrent une attente réelle pour un accompagnement constructif, loin d’une simple logique de contrôle ou d’évaluation de la performance (citée par seulement 12 % et 15 % respectivement). Le défi pour les entreprises consiste donc à créer un climat de confiance où le feedback, bien formulé et bien reçu, peut devenir un véritable levier de performance durable.

Fasterclass (https://www.fasterclass.fr/) est un organisme de formation et de coaching qui aide les dirigeants et leurs équipes à développer leurs compétences relationnelles et managériales (soft skills), avec une spécialisation sur le feedback, le leadership et la conduite du changement.