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PARIS : Raphaël MAISONNIER : « La progression salariale cessera d’être une loterie »
Une enquête Fasterclass révèle que les salariés français naviguent à l’aveugle, faute de règles et de retours clairs sur leur rémunération.
À l’occasion de la Semaine de l’éducation financière, qui se tient du 16 au 22 mars, le thème « L’argent, osons en parler ! » trouve un écho particulier dans le monde de l’entreprise. Une enquête nationale menée par Fasterclass auprès de 2 402 actifs français révèle une réalité préoccupante : la progression salariale s’apparente souvent à une navigation sans boussole, dépourvue de règles explicites et de communication transparente.
Pour Raphaël Maisonnier, CEO de Fasterclass, le constat est un signal d’alarme pour les entreprises. « Quand le feedback est flou ou absent, c’est un gâchis de performance et d’engagement. Beaucoup d’actifs avancent comme dans un jeu sans règles : pas de critères clairs, pas de cap, et une rémunération qui tombe sans logique de progression », analyse-t-il. Il lance un appel aux dirigeants : « Posez un cadre explicite, donnez des points d’étape réguliers, encouragez vos managers à donner du feedback au quotidien, et vos collaborateurs à leur en demander, et la progression salariale cessera d’être une loterie ».
Un manque criant de clarté sur les augmentations
Les chiffres de l’étude sont éloquents : plus de la moitié des salariés (53 %) n’ont reçu aucune indication sur les critères à remplir pour obtenir une augmentation, et seuls 7 % estiment que ces derniers leur ont été très clairement expliqués. Ce flou ne se limite pas à la rémunération. Au cours des six derniers mois, 69 % des collaborateurs n’ont pas reçu de feedback suffisamment concret pour leur permettre de progresser, qu’il s’agisse de retours rares (28 %), inexistants (14 %) ou d’une absence totale de feedback (27 %).
Cette culture de l’implicite laisse la majorité des salariés sans cap, sans plan d’action et, par conséquent, sans véritable levier pour améliorer leurs performances et leur situation professionnelle.
Le lien entre performance et salaire, grand absent des discussions
Le tabou de l’argent reste profondément ancré dans les relations professionnelles. Selon l’enquête, moins d’un salarié sur quatre (24 %) a déjà bénéficié d’un retour faisant explicitement le lien entre sa performance et sa rémunération future, comme une formule du type « si tu atteins tel objectif, tu pourras prétendre à telle augmentation ». Pour 67 %, ce lien n’a jamais été établi.
Face à cette opacité, une forme d’autocensure s’installe chez les salariés. Une écrasante majorité de 77 % n’a jamais demandé concrètement à son supérieur hiérarchique ce qu’il devait faire pour obtenir une augmentation ou une prime. Parmi eux, 28 % n’osent pas poser la question, tandis que 49 % n’y ont tout simplement jamais pensé. Au final, 69 % des sondés considèrent que l’argent est un sujet « clairement » (32 %) ou « plutôt » (37 %) tabou lors des entretiens de feedback.
Frustration et démotivation, les conséquences inévitables
Cette absence de dialogue en amont a des conséquences directes sur la motivation et la confiance des équipes. Pas moins de 71 % des salariés n’ont pas pu anticiper la décision concernant leur dernière prime ou augmentation, 42 % déclarant même avoir été surpris le jour J.
Pire encore, près de deux salariés sur trois (63 %) ont déjà vécu une déconvenue majeure : penser mériter une augmentation et découvrir un refus assorti de retours négatifs au dernier moment, sans aucune alerte préalable durant l’année. Un scénario qualifié d’« explosif », qui engendre frustration, érosion de la confiance et, inévitablement, des envies de départ.
Des salariés en attente de règles explicites
Pourtant, les attentes des salariés sont simples et pragmatiques. Pour améliorer la situation, 61 % réclament des critères d’augmentation écrits, partagés et clairement expliqués. Ils sont également près d’un sur deux à souhaiter des points d’étape réguliers avec leur manager (48 %) et des exemples concrets sur les compétences à développer pour atteindre le niveau supérieur (46 %). Un plan de progression avec des objectifs mesurables et un suivi dans le temps est également plébiscité par 41 % des actifs interrogés.
L’étude, réalisée en mars 2026 sur un panel représentatif de la population active française, a été commanditée par Fasterclass (https://www.fasterclass.fr/), un organisme de formation et de coaching certifié Qualiopi, spécialisé dans le développement des soft skills pour une performance collective durable.


