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PARIS : Rachida BARRE : « Le modèle économique des petites…

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PARIS : Rachida BARRE : « Le modèle économique des petites pharmacies est aujourd’hui fragilisé »

Une étude de CMV Médiforce révèle une forte dynamique des cessions de pharmacies qui accélère la concentration du secteur.

Le secteur des pharmacies en France connaît une mutation profonde et rapide. C’est le principal constat de la 6ème édition de l’étude sur les cessions d’officines, publiée ce lundi 16 mars par CMV Médiforce, la marque dédiée à l’activité médicale de BNP Paribas Leasing Solutions. Entre une démographie vieillissante et une pression économique accrue, le paysage pharmaceutique français se recompose à grande vitesse, favorisant les grandes structures au détriment des plus petites.

« L’année 2025 se caractérise par une forte dynamique de cessions d’officines, portée à la fois par la pyramide des âges de la profession et par la pression croissante qui pèse sur le modèle économique des petites pharmacies, aujourd’hui fragilisé », analyse Rachida Barré, directrice du réseau des ingénieurs financiers de CMV Médiforce. « Les premières semaines de 2026 confirment cette tendance : le marché reste dynamique et s’oriente vers des regroupements autour d’officines de plus grande taille, capables de proposer une offre de services élargie et disposant d’une surface financière et immobilière suffisantes pour investir ».

Moins d’officines, plus de transactions

Le paradoxe est saisissant : alors que le nombre de pharmacies libérales a chuté de 10 % en dix ans, passant sous la barre des 20 000, le marché des transactions n’a jamais été aussi actif. L’étude recense ainsi près de 1 317 cessions d’officines en 2025. Ce dynamisme s’explique principalement par des facteurs démographiques, avec près de 30 % des pharmaciens titulaires âgés de plus de 60 ans, accélérant les départs à la retraite. Parallèlement, on observe l’émergence de nouveaux acteurs, des pharmaciens investisseurs qui acquièrent des participations dans plusieurs établissements et participent activement à la restructuration du réseau.

La rentabilité passe par la taille

Cette concentration du marché est également une conséquence directe des tensions économiques. En 2025, les officines ont dû faire face à une hausse de 2 % de leurs coûts d’exploitation, due à l’inflation, à la hausse des loyers et à une revalorisation salariale. Dans le même temps, les marges se sont contractées, notamment sous l’effet des contraintes budgétaires de l’Assurance maladie.

Dans ce contexte, la taille devient un facteur de survie. Selon l’étude, les pharmacies réalisant un chiffre d’affaires d’environ 2 millions d’euros sont les mieux armées pour préserver leur rentabilité. Elles seules disposent des capacités nécessaires pour investir dans la diversification des services (vaccination, tests rapides, bilans de médication), l’optimisation des espaces de vente ou l’intégration de technologies comme les robots de dispensation. Cette évolution contraint le pharmacien à endosser un rôle d’entrepreneur, renforçant ses compétences en gestion pour piloter son activité. Les plus petites structures, majoritairement situées en zones rurales et semi-rurales, peinent à suivre : 300 d’entre elles n’ont pas trouvé de repreneur en 2025.

Les chiffres clés du marché en 2025

L’analyse de 386 transactions par CMV Médiforce met en lumière les tendances financières du secteur. Le prix de cession moyen a progressé, atteignant 2,656 millions d’euros en 2025. Cependant, la valorisation du fonds de commerce s’est adaptée à ce contexte plus tendu, représentant en moyenne 70 % du chiffre d’affaires hors taxes, contre 74 % en 2024. L’indicateur de la capacité de remboursement reste central, avec un multiple moyen de l’EBE (Excédent Brut d’Exploitation) stable à 6,6. La marge brute moyenne nationale a reculé d’un point pour s’établir à 29 %, confirmant la pression sur la rentabilité.

Vers l’émergence de « déserts pharmaceutiques »

Cette recomposition du maillage territorial n’est pas sans conséquences. Elle fait émerger la nouvelle problématique des « déserts pharmaceutiques », en écho aux déserts médicaux. Dans certains territoires, l’accès à une pharmacie à moins de 10 kilomètres devient plus difficile, alors même que le pharmacien demeure l’un des professionnels de santé les plus accessibles pour la population.

Perspectives 2026 : consolidation et négociations à venir

Les premiers mois de 2026 s’inscrivent dans la continuité. Le marché des cessions devrait rester très actif, soutenu par des départs en retraite continus et une législation favorable. La loi de finances pour 2026 a en effet prorogé jusqu’en 2029 l’amortissement du fonds de commerce et a allongé de deux à trois ans le délai de réinvestissement du produit de cession, des mesures qui encouragent les transactions. La consolidation du secteur devrait donc se poursuivre, tandis que les prochains mois seront marqués par d’importantes négociations conventionnelles visant à mieux valoriser les nouvelles missions du pharmacien.

CMV Médiforce (https://www.cmvmediforce.fr) est la marque de BNP Paribas Leasing Solutions (https://www.leasingsolutions.bnpparibas.fr) dédiée aux solutions de financement pour les professionnels de santé.