PARIS : « Productivité et éveil des consciences »
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PARIS : « Productivité et éveil des consciences »
Pour le ministre des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, le rendement économique de l’investissement vert et les attentes de mieux-disant écologique devraient permettre un équilibre.
Entretien avec Serge Papin.
Selon vous, le terme d’« inflation verte » est-il pertinent et correspond-il déjà à une réalité ?
Serge Papin : Le concept peut être utile, à condition de l’aborder avec discernement. Oui, la transition écologique a un coût pour les entreprises, et il est normal qu’une partie de ce coût se retrouve dans les prix. C’est une réalité. Mais soyons vigilants avec les concepts : l’inflation verte ne doit pas être un prétexte pour renoncer à une ambition écologique, ou un argument de vente creux qui justifierait automatiquement des hausses de prix. Ce serait contre-productif et, à terme, néfaste pour la consommation. Notre responsabilité collective, c’est de trouver le bon équilibre. La concurrence joue ici un rôle clé : elle sanctionnera les excès et valorisera les démarches sincères et efficaces.
Certains efforts en faveur de l’environnement peuvent s’avérer rentables : économies d’eau, d’énergie, de matériau d’emballage… D’autres peuvent l’être aussi, surtout au vu du coût potentiel de la non-action. Le but ne serait-il pas de faire en sorte que toute action de transition soit économiquement positive, au moins à terme ?
S. P. : Disons les choses : le coût de l’inaction est largement supérieur au coût de l’action. La question de la rentabilité est parfois balayée par celle de la nécessité. Mais je crois qu’il faut retourner le raisonnement : dans un monde où l’enjeu environnemental s’impose à tous, l’adaptation au changement climatique devient un avantage concurrentiel. Prendre le leadership sur ces sujets, ce n’est pas un coup d’épée dans l’eau. C’est un pari rationnel, presque un pari de Pascal : ceux qui investissent aujourd’hui seront les plus solides demain. l’État joue aussi sa part en aidant au financement de cette adaptation.
SOURCE : ILEC – La Voix des marques.