PARIS : Pour le SDI : « La parole du Medef retarde les déci…
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PARIS : Pour le SDI : « La parole du Medef retarde les décisions »
Après l’interview de Patrick Martin dans le JDD, pour le SDI : « La parole du Medef n’alerte plus. Elle retarde les décisions ».
Dans une interview au Journal du Dimanche, Patrick Martin, président du Medef, multiplie les avertissements sur la croissance, l’emploi et l’investissement. Cette parole, désormais installée dans le débat public, ne produit aucun effet utile. Elle installe l’idée que les difficultés économiques seraient à venir, alors qu’elles sont déjà une réalité quotidienne pour les TPE et les indépendants. Cette parole raisonne en termes macroéconomiques et d’entreprises globalisées. Elle passe sous silence l’empilement d’aides publiques, d’exonérations et de dispositifs de soutien dont bénéficient depuis des années les grandes structures, renforcés encore depuis la crise du Covid. Cette parole alerte sur l’investissement futur. Dans l’économie réelle, l’investissement est déjà à l’arrêt faute de trésorerie et de visibilité immédiate. Cette parole évoque un risque à venir pour l’emploi. Dans les territoires, ce risque est déjà réalisé : fermetures d’entreprises, ruptures de sous-traitance locale, disparition de services de proximité. Plus problématique encore, cette parole retarde la prise de conscience collective. Elle fige le débat économique dans une opposition abstraite et détourne l’attention des réformes concrètes demandées depuis plusieurs années par les TPE.
« Depuis la crise du Covid, le SDI alerte sur l’écart entre les déclarations publiques et la réalité du terrain. Les faits nous ont donné raison », rappelle Marc Sanchez, secrétaire général du SDI.
« À force de parler au nom d’une entreprise théorique, mobile et capitalisée, on fragilise l’économie réelle, celle qui produit localement, emploie sans amortisseur et ne peut ni délocaliser ni optimiser« .
Le SDI appelle à sortir de cette logique de communication et à agir enfin sur les priorités de l’économie réelle : stabilité des règles, correction des effets de seuil et allègement effectif du coût du travail pour les plus petites structures.