PARIS : Politique familiale – Le décret sur les garde…
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PARIS : Politique familiale – Le décret sur les gardes d’enfants malades des fonctionnaires vivement critiqué
Le gouvernement présente un projet de décret réduisant les jours pour enfant malade des fonctionnaires, suscitant une vive polémique.
Alors que viennent de s’ouvrir les Assises de la parentalité, censées refonder la politique familiale française, un projet de décret gouvernemental vient jeter un pavé dans la mare. Le texte, relatif aux autorisations spéciales d’absence (ASA) pour la garde d’enfants malades dans la fonction publique, est perçu comme une régression sociale majeure par les associations familiales, dont Familles de France, qui dénonce un « contresens historique » en pleine crise de la natalité.
Une régression des droits jugée inacceptable
Le projet, présenté le 4 mai 2026, fait suite à une décision du Conseil d’État du 10 décembre 2025 contraignant le gouvernement à légiférer. Malgré une première version massivement rejetée par les syndicats, la nouvelle mouture reste très critiquée. Elle prévoit de plafonner à six jours par an les autorisations d’absence pour un ou plusieurs enfants malades (de 0 à 16 ans). Point particulièrement contesté : la suppression de la possibilité de doubler ce quota lorsque le conjoint ne bénéficie d’aucun droit similaire. De plus, si les deux parents sont agents publics, ils ne pourront plus cumuler leurs droits individuels, réduisant de fait le nombre de jours disponibles pour le couple.
Autre point de crispation, le décret mettrait fin aux négociations locales plus favorables. Contrairement au secteur privé où des accords d’entreprise peuvent améliorer les dispositifs, les collectivités, hôpitaux et ministères ne pourraient plus octroyer de jours supplémentaires. Pour les associations, les femmes, majoritaires dans la fonction publique, seraient les premières victimes de cette mesure, un signal jugé « désastreux » alors même que des négociations sur l’égalité professionnelle sont en cours.
Un « contresens historique » en pleine crise de la natalité
Pour l’association Familles de France, cette décision est une « gifle » portée aux 5,7 millions d’agents qui œuvrent pour l’intérêt général. « Des professionnels de l’éducation, de la santé, de la sécurité, du social, des finances, ceux-là mêmes qui tiennent ce pays debout, se voient aujourd’hui punis d’avoir choisi le service public », fustige l’organisation dans un communiqué.
Dans un contexte démographique marqué par une dénatalité qualifiée d’« alarmante », ce projet enverrait un signal dévastateur. L’association estime que le message perçu par les agents est clair : « avoir des enfants dans la fonction publique, c’est désormais un risque professionnel ».
L’État sommé d’assumer son rôle d’employeur exemplaire
Au-delà de la mesure elle-même, c’est le rôle de l’État-employeur qui est questionné. Censé être un modèle en matière de conditions de travail et de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, l’État semble ici abdiquer sa responsabilité. En réduisant les droits de ses propres agents, il enverrait un message délétère à l’ensemble du monde du travail, laissant entendre « que la parentalité est une contrainte à minimiser, non un droit à protéger ».
Face à ce qu’elle qualifie de « faute politique majeure », l’association Familles de France appelle le gouvernement à un « sursaut ». Elle demande l’ouverture d’une « concertation sincère » avec les représentants des agents et des familles pour construire une politique qui améliore les droits de tous les parents, dans le secteur public comme dans le privé.
via Press Agence.


