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PARIS : Police de l’environnement – Max BAUER…

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PARIS : Police de l’environnement – Max BAUER : « Le monde rural dénonce les méthodes de l’OFB »

Selon Max Bauer, ancien syndicaliste agricole dans le Var : « La défiance entre le monde agricole et l’Office français de la biodiversité (OFB) s’intensifie, alimentant un débat sur ses missions de police ».

Un sentiment de mépris et de rupture. Voilà ce qui ressort des tensions croissantes entre le monde rural et l’Office français de la biodiversité (OFB). L’audition menée par les sénateurs Jean Bacci et Mickaël Weber à Brignoles, le 17 juin 2025, a mis en lumière une exaspération profonde, portée notamment par la voix de Max Bauer, pour qui les contrôles de l’OFB sont trop souvent vécus « comme une humiliation » et non comme un service public.

Un service public perçu comme une force de répression

Pour Max Bauer, qui a consacré près de 30 ans de sa vie à la cause agricole, : « Au cœur des critiques, des méthodes jugées agressives et une posture de surveillance constante. Des agriculteurs dénoncent de façon récurrente des pressions et des violences verbales qui, selon eux, transforment l’agent de l’État en un symbole de tension plutôt qu’en un médiateur neutre. Cette dérive alimente un sentiment d’arbitraire administratif et déchire le lien de confiance entre la République et ses territoires ruraux. Pour ses détracteurs, l’OFB, en confondant autorité et mépris, ne fait qu’attiser une colère qu’il devrait apaiser ».

Des mesures d’apaisement et une révision des rôles

« Face à cette situation, le monde agricole a formulé des propositions concrètes visant à restaurer un climat de sérénité lors des contrôles. Parmi celles-ci : le rangement des armes de service dans les véhicules, le film systématique des interventions et la possibilité pour la personne contrôlée d’être assistée par un tiers. Des mesures jugées élémentaires pour garantir la transparence et le respect des droits. Au-delà de ces ajustements, c’est toute la logique de l’action publique qui est questionnée, avec un appel à rétablir une véritable médiation de terrain via des autorités comme les Directions Départementales des Territoires et de la Mer (DDTM), afin de sortir d’une politique de « répression permanente », ajoute Max Bauer qui est le président d’ALLO AGRI, une strcuture qui vient en aide aux agriculteurs en difficulté.

Des nominations et alliances qui alimentent la controverse

Désormais engagé dans la politique du territoire, Max Bauer reprend : « Le fossé s’est encore creusé avec des décisions perçues comme des provocations par une partie du secteur agricole. La nomination d’Anne Le Strat, ex-cadre du parti Les Écologistes, au poste de directrice générale déléguée de l’OFB, a été vivement contestée par la droite et la Coordination rurale, qui y voient l’arrivée d’une « figure de l’écologie radicale ». Malgré une demande d’enquête administrative, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé que le dossier était « classé », jugeant le recrutement conforme aux règles.

Plus récemment, en mai 2026, la signature d’un accord de coopération de cinq ans entre l’OFB et le WWF France a ravivé les inquiétudes. L’ONG, historiquement critique envers certaines pratiques comme la chasse, est vue comme un partenaire qui éloigne un peu plus l’établissement public des réalités et des préoccupations du monde rural ».

Vers un transfert des missions de police à la gendarmerie ?

« L’exaspération a trouvé un débouché politique avec la proposition de loi du sénateur Vincent Louault. Son texte vise à retirer à l’OFB ses prérogatives de police de l’environnement pour les transférer à la gendarmerie nationale. L’objectif est de confier cette mission à une institution jugée plus neutre, respectée et déjà ancrée dans les territoires ruraux.

Cette réorganisation ne signifierait pas un affaiblissement de la protection de la nature, mais un recentrage de l’OFB sur ses missions fondamentales d’expertise scientifique, alors que les tâches de police mobiliseraient plus de 57 % de son temps d’activité. Ce transfert pourrait, selon ses partisans, rétablir une relation de confiance entre l’État et les campagnes. Le débat est désormais ouvert, opposant deux visions de l’action publique : celle d’une écologie administrée depuis Paris et celle d’une gouvernance construite avec les acteurs des territoires », conclut Max Bauer, ancien président de la Coordination Rurale du Var.

Max Bauer, ancien syndicaliste agricole dans le Var via Presse Agence.