PARIS : PFAS – Experts européens appellent à une acti…
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PARIS : PFAS – Experts européens appellent à une action immédiate sans attendre les certitudes
Le sommet PFAS Forward Action, organisé par Oxyle, a réuni des experts qui plaident pour une action immédiate contre les polluants éternels.
L’attente de certitudes scientifiques et réglementaires sur les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) n’est plus une option viable. Tel est le message unanime délivré par la centaine de scientifiques, industriels, régulateurs et experts technologiques réunis lors du récent sommet PFAS Forward Action (https://eaq5d.r.sp1-brevo.net/mk/op/sh/1t6AVse4sR7ZnRukzdcH31jvhtsR6u/q3X6YRD71OJq). Organisé par la société de technologies environnementales Oxyle, l’événement a souligné l’urgence d’agir avec les outils et les connaissances actuels pour contrer la menace croissante de ces « polluants éternels », malgré un contexte en constante évolution.
Une contamination bien plus vaste qu’estimé
La prise de conscience de l’ampleur du problème s’accélère. Le Dr Hans Peter Arp, de l’Institut géotechnique norvégien, a ouvert les débats en alertant sur l’acide trifluoroacétique (TFA), le plus petit des PFAS à chaîne courte. Longtemps sous-estimé, ce composé s’impose aujourd’hui comme une priorité de recherche et de gestion en raison de sa présence diffuse et de sa persistance.
Apportant une perspective encore plus saisissante, la Dr Emma Schymanski, du Centre luxembourgeois pour la biomédecine des systèmes, a révélé que l’application de la définition officielle des PFAS de l’OCDE à la base de données chimiques PubChem identifie plus de 8 millions de substances potentielles. Ce chiffre est radicalement supérieur aux quelques milliers de composés habituellement évoqués, démontrant que l’étendue réelle de la contamination reste largement méconnue.
Un cadre réglementaire en pleine mutation
Sur le plan législatif, l’Europe avance, mais de manière fragmentée. Selon Stefan Voorspoels de l’Institut flamand pour la recherche technologique (VITO) et Éléonore Mullier du cabinet d’avocats Steptoe, le paysage réglementaire européen reste morcelé, créant des disparités entre les juridictions. Si le processus de restriction engagé dans le cadre du règlement REACH insuffle une dynamique positive, il ajoute également une couche de complexité pour les organisations qui doivent prendre des décisions opérationnelles sans délai. Cette incertitude réglementaire ne doit cependant pas servir de prétexte à l’inaction.
Prendre des décisions éclairées malgré l’incertitude
Comment, dès lors, choisir des stratégies de traitement efficaces face à une science en mouvement et un cadre légal instable ? Un panel d’experts, incluant Jeroen De Lathouwer (npower), Jessica Middlemiss (Puraffinity), Yannick Severin (Nijhuis Saur Industries) et Silvan Staufert (Oxyle), a abordé cette question cruciale. Ils ont insisté sur la nécessité de mener des diagnostics précis pour chaque site contaminé, d’établir des critères rigoureux pour sélectionner une solution de traitement et de structurer la prise de décision. Cette démarche est d’autant plus essentielle que, selon Kelly Thompson de Global Water Intelligence, une forte accélération des investissements dans ce secteur est attendue.
Des outils et des approches sur-mesure
Des solutions innovantes émergent pour mieux comprendre et gérer les contaminations. Zachary Neigh d’AECOM a présenté comment la chimiométrie, une discipline appliquant des méthodes statistiques à des données chimiques, devient un outil puissant pour identifier et retracer les sources de pollution par les PFAS.
Les études de cas présentées par le Dr Marcel Riegel du TZW DVGW Water Technology Center et Frédéric Rondeau de l’Office fédéral des routes suisse (OFROU) ont ensuite illustré la grande diversité des situations sur le terrain. Leurs retours d’expérience ont confirmé qu’il n’existe pas de solution unique, mais qu’une approche adaptée à chaque contexte est indispensable pour obtenir des résultats.
En clôture de l’événement, un échange entre Dirk Nuyens d’ERM et la Dr Fajer Mushtaq d’Oxyle a réaffirmé le fil conducteur de la journée : temporiser n’atténue pas le risque, mais l’aggrave. « Nous abordons tous les PFAS sous des angles différents, mais ce que chacun dans cette salle partageait, c’est une même volonté de trouver des solutions. Il y a quelque chose de puissant à rassembler tous les acteurs d’un écosystème pour apprendre les uns des autres et construire collectivement. C’est l’espace que nous voulions créer, et c’est pourquoi nous continuerons », a conclu la Dr Fajer Mushtaq, PDG et cofondatrice d’Oxyle (https://www.oxyle.com/).


