Skip to main content

PARIS : Peut-on choisir sa famille ?

Print Friendly, PDF & Email
Floriane Dumont
25 Nov 2023

Partager :

PARIS : Peut-on choisir sa famille ?

La fin de l’année approche, tout comme la sortie de notre prochain numéro, prévue le 21 décembre prochain.

Pour cette nouvelle édition, notre rédaction s’est penchée sur un sujet particulier qui nous touche toutes et tous : celui de la famille et ce qu’elle représente aujourd’hui.

Peut-on choisir sa famille ? Que veut dire faire famille ? Ce numéro 8 de respect, qui sortira à quelques jours des fêtes de fin d’année, se plonge dans des réflexions profondes sur ce que signifie en 2023 « faire famille ».

Dans l’attente de vous dévoiler le sommaire de notre nouveau numéro, l’actualité qui a suivi le rendu du rapport de la CIIVISE (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants) nous permet de vous partager et dévoiler une partie de la tribune de ce numéro d’hiver, confiée à Arnaud Gallais et Benjamin Moron-Puech.

Alors que le rapport de la Ciivise a finalement été rendu public, Arnaud Gallais cosigne avec Benjamin Moron-Puech une tribune publiée dans notre prochain numéro, dans laquelle ils proposent d’aller encore plus loin, en demandant l’abolition des immunités familiales.
Nous vous proposons d’en découvrir un extrait en avant-première :

[…]

Peut-on encore se satisfaire, des « immunités familiales » qui permettent d’échapper à toute sanction en cas de poursuites pénales pour non dénonciation de violences sexuelles qui ne seraient pas des crimes, alors qu’on sait toute la difficulté qu’il y a pour rapporter la preuve de ces crimes, bien souvent requalifiés en simples délits, à la demande de la victime ou du magistrat.

Il est temps que les conséquences psychotraumatiques des victimes soient prises en compte en particulier leur incidence sur la capacité des victimes à agir en justice

Il est temps que les violences sexuelles faites aux enfants soient sorties de leur huis clos, celui de l’espace privé de la famille, en prenant d’avantage en compte les mécanismes d’emprise.

Il est temps de désacraliser la famille, de faire tomber le mythe de la famille toujours protectrice et de faire des violences sexuelles faites aux enfants un sujet de société, un sujet collectif, dans le sillage du slogan féministe d’hier « le privé est politique ».

Il est temps que les victimes soient réellement écoutées et entendues.

Abolir la prescription et l’immunité familiale, et allonger les délais de prescription pour non dénonciation c’est assumer une réelle volonté politique d’éradication des violences sexuelles sur les enfants.

Arnaud Gallais
Membre de la Ciivise, cofondateur du collectif Prévenir & Protéger et de Mouv’Enfants

Benjamin Moron-Puech
Professeur à l’université Lumière Lyon 2 (CERCRID et Transversales) et chercheur associé au Laboratoire de sociologie juridique de l’université Paris-Panthéon-Assas