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PARIS : Perspectives identitaires « Répression »

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Floriane Dumont
25 Avr 2024

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PARIS : Perspectives identitaires « Répression »

En politique, l’augmentation de la répression est un indicateur, un baromètre, qui nous permet d’identifier quand le narratif du pouvoir en place s’essouffle face à ses contradictions, quand la mégamachine se rigidifie, quand l’autorité et l’arbitraire remplacent le pacte social consenti.

Dimanche dernier, à Besançon, une jeune militante du Collectif Nemesis, Yona, organisait à l’occasion du carnaval de la ville une action choc : s’infiltrant dans le cortège, elle déployait avec une camarade une pancarte, au slogan de bon sens : “Violeurs étrangers dehors”. Trois mots, trois mots qui appellent à la raison : les criminels français doivent être traités sur le territoire, ceux qui n’appartient pas au corps national ne doivent pas engorger les prisons françaises. Une méthode d’action, relevant d’une tradition de l’agit-prop tout à fait traditionnelle, inoffensive par ailleurs, à l’inverse des dommages que certains militants écologistes infligent en attaquant des oeuvres dans des musées ou à la manière de Dernière Rénovation, en mettant en danger des vies en bloquant les routes. Pourtant, Yona, 19 ans, a écopé d’une garde à vue et d’une perquisition au domicile de ses parents pour saisir les dites pancartes.

Réaction disproportionnée, elle nous renseigne sur la dérive liberticide dans laquelle le pouvoir macroniste s’enfonce depuis plusieurs années, en particulier à l’heure de dissoudre, enfermer, sanctionner, interdire, en bref, réprimer, les militants identitaires, patriotes ou nationalistes. Les dissolutions de mouvements politiques sont devenues sous Macron monnaie courante : en 2021, c’était la dissolution de Génération Identitaire – ni plus ni moins coupable d’avoir dénoncé le remplacement charnel des Européen. La même année, actée deux ans plus tard, c’était l’Alvarium à Angers, association culturelle, politique, spécialisée dans les maraudes, qui faisait également les frais d’une dissolution. Cette année, la répression fauchait La Citadelle à Lille, mais sur une note plus inédite, Academia Christiana, qui n’est pas un mouvement à vocation militante, mais un institut de formation catholique.

Alors évidemment, les dissolutions ne sont pas quelque chose de nouveau. Sous la Ve République, plusieurs présidents ont fait appel à cet outil. Mais Macron a la particularité de battre tous les records : il remporte la palme, en ayant dissout sous ses deux mandats plus d’associations que l’intégralité de ses prédécesseurs jusqu’à Pompidou. Individuellement, Emmanuel Macron a dissout plus que le pouvoir gaullien, pourtant confronté à Mai 68 ou à la Guerre d’Algérie. En parlant de 68, les dissolutions sont-elles unanimement dirigés vers les structures patriotes ? En théorie, non : le CCIF, islamiste, les Soulèvements de la Terre, écologiste, ou encore la GALE, groupuscule antifasciste, ont été ciblés.

Mais les Soulèvements de la Terre comme la GALE ont vu en Conseil d’État la décision de la dissolution suspendue : une décision magnanime dont l’Alvarium, par exemple, ayant lui aussi saisi le Conseil d’État suite à sa procédure dissolution, n’a pas pu bénéficier. La répression ne s’arrête pas au dissolution : depuis mai de l’année dernière, les interdictions d’événements, y compris intellectuels, comme des colloques ou des conférences, se multiplient.

Point de départ : le colloque de l’Institut Iliade pour les dix ans de la mort de Dominique Venner, qui devait se tenir le 21 mai 2023 à Paris. Interdit par la préfecture, rejetant le référé liberté, ce colloque a créé une formidable jurisprudence : les événements sont aujourd’hui susceptibles d’être interdits s’ils sont susceptibles d’y voir germer des propos tombant sous le coup des lois contre la discrimination, l’incitation à la haine, la xénophobie, etc. Ni plus ni moins qu’une criminalisation de l’opinion politique, cette inquiétante dérive des libertés se traduit plus largement dans la société.

Après la pandémie du COVID-19, les restrictions de libertés iniques avaient conduits le très sérieux The Economist à classer la France macroniste dans les catégories des “Démocraties défaillantes” dans son classement annuel des indices démocratiques. La France s’enfonce dans l’autoritarisme et la répression politique. Se résigner n’étant pas une option, il faudra lutter contre le phénomène : comme le disait un certain intellectuel royaliste de Martigues : “Les libertés ne s’octroient pas, elles se prennent.”

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SOURCE : Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne