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PARIS : Périscolaire – Familles de France alerte sur…

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PARIS : Périscolaire – Familles de France alerte sur des défaillances graves et exige une commission d’enquête

Face à des signalements de maltraitance, Familles de France demande des États généraux du périscolaire et une commission d’enquête.

Le secteur du périscolaire, qui accueille chaque année plusieurs millions d’enfants sur tout le territoire, est dans le viseur de la fédération Familles de France. Dans un communiqué publié ce vendredi, l’association, présente dans plus de 2 000 communes, tire la sonnette d’alarme sur un système jugé « inégalitaire, insuffisamment contrôlé et, dans certains cas, dangereusement défaillant ». Elle formule quatre exigences majeures pour une refondation complète du secteur, incluant la tenue d’États généraux et la création d’une commission d’enquête parlementaire.

Des signalements de maltraitance et d’agressions sexuelles

Au-delà des dysfonctionnements récurrents et déjà documentés, tels que des tarifications opaques, un nombre insuffisant d’encadrants ou un contrôle lacunaire des délégations de service public, l’association met en lumière des faits d’une gravité extrême. Familles de France fait état de signalements concernant des enfants victimes de maltraitances et d’agressions sexuelles au sein même des structures censées garantir leur sécurité et leur bien-être.

Pour la fédération, ces actes ne sont pas de simples faits divers isolés mais les symptômes de « failles systémiques » profondes qui affectent l’ensemble de la chaîne de protection de l’enfance. Sont notamment pointés du doigt les processus de recrutement des personnels, la vérification des antécédents judiciaires et l’application des procédures de signalement et de prise en charge des victimes.

Des failles systémiques et des lanceurs d’alerte sous pression

La situation serait d’autant plus préoccupante que les professionnels qui tentent de briser le silence se heurteraient à un mur. L’association dénonce le sort réservé aux lanceurs d’alerte. Des animateurs et des agents territoriaux, pour avoir signalé des faits graves dont ils ont été témoins, auraient subi des représailles : mise à l’écart, mutation forcée ou pressions psychologiques intenses visant à obtenir leur rétractation.

Familles de France évoque l’installation d’une « véritable chape de plomb » dans certaines collectivités, où la préservation de la réputation de l’institution primerait sur la sécurité des enfants. Cette culture du silence, qui entrave la libération de la parole, est jugée « inacceptable » par l’organisation, qui appelle à une prise de conscience nationale.

Quatre exigences pour une refondation du secteur

Face à ce constat alarmant, la fédération avance quatre propositions fortes pour garantir la sécurité des enfants et la qualité de l’accueil périscolaire. Elle demande en premier lieu l’organisation d’États généraux du périscolaire. Cet événement national devrait réunir l’ensemble des acteurs concernés – familles, professionnels de terrain, collectivités locales et services de l’État – afin de définir un cadre national cohérent et exigeant, plaçant la protection de l’enfance au cœur des priorités.

Deuxièmement, Familles de France exige la création d’une commission d’enquête parlementaire. Sa mission serait double : faire la lumière sur les agressions commises dans ce cadre, mais aussi examiner les défaillances institutionnelles qui les ont rendues possibles et enquêter sur les pressions subies par les agents qui ont tenté d’alerter leur hiérarchie.

Enfin, l’association réclame la protection effective des agents signalants, par une application rigoureuse de la loi Sapin II et la mise en place d’une cellule d’alerte indépendante, accessible sur tout le territoire et spécifiquement dédiée au secteur périscolaire.

Un plan de soutien pour les professionnels en première ligne

La quatrième exigence porte sur un plan national de soutien à la filière périscolaire. La fédération estime qu’il est impossible d’assurer la sécurité des enfants sans reconnaître et valoriser les femmes et les hommes qui en ont la charge au quotidien. Ce plan devrait s’articuler autour de plusieurs axes : la revalorisation des métiers et des salaires, l’instauration d’une formation continue obligatoire axée sur la bientraitance et la protection de l’enfance, l’amélioration tangible des conditions de travail et, enfin, une véritable reconnaissance statutaire pour les professionnels de l’animation.

« Ces femmes et ces hommes sont en première ligne auprès de nos enfants. Ils doivent disposer des moyens nécessaires pour exercer leur mission avec dignité, sécurité et compétence », souligne l’association. Concluant son appel, Familles de France affirme que « les enfants de France méritent mieux que le silence ».