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PARIS : Pédagogie Steiner-Waldorf – L’accusateu…

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PARIS : Pédagogie Steiner-Waldorf – L’accusateur-vedette Grégoire Perra discrédité par ses anciens soutiens

L’ANPAPS dénonce l’effondrement de la crédibilité de Grégoire Perra, accusateur des écoles Steiner, lâché par ses propres alliés.

PARIS – L’affaire prend les allures d’un séisme dans les cercles critiques de la pédagogie Steiner-Waldorf. Grégoire Perra, devenu en une décennie le témoin emblématique et la source principale des accusations de dérives sectaires visant ces établissements, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une tempête, accusé d’emprise psychologique par les femmes qui constituaient hier ses plus fervents soutiens. Dans un communiqué daté du 11 mai 2026, l’Association Nationale pour la Pédagogie Steiner-Waldorf (ANPAPS) expose ce qu’elle qualifie de « système structuré » visant à « dénigrer et salir une pensée ».

Un tournant judiciaire

Le point de bascule de cette affaire semble être une décision de justice du 26 janvier 2026. La cour d’appel de Rouen a relaxé Nicolas Tavernier, président de l’ANPAPS, d’une plainte en diffamation déposée par M. Perra. M. Tavernier avait qualifié ce dernier « d’agresseur sexuel » et « d’affabulateur », des termes que la cour a jugés non diffamatoires au regard des éléments produits, s’appuyant notamment « sur les témoignages de première main de la mineure victime et de ses parents ». Pour l’ANPAPS, « la déflagration de ce verdict est énorme ». Depuis cette décision, les prises de parole se multiplient, brisant un silence qui durait depuis des années.

La parole se libère chez les anciens alliés

Depuis avril 2026, une vague de désolidarisation a emporté les appuis historiques de M. Perra. Plusieurs femmes, autrefois ses relais, décrivent un homme qui aurait « exercé sur elles une forme d’emprise psychologique, multipliant les messages privés insistants, intrusifs ou ambigus ». Un hashtag #MeTooGP a même été lancé par Jeanne Soradt, présidente d’une association de victimes qu’elle affirme aujourd’hui avoir été « téléguidée » par M. Perra. « Respectons les victimes [de PERRA], au-delà des clivages. […] C’est cela qui libèrera la parole », écrit-elle.

Le témoignage d’une blogueuse, Marianne Dubois (pseudonyme), décrit précisément le mode opératoire de l’accusateur : « Le masque tombe, et sous les habits vertueux qu’il s’est créés, je ne peux que constater une obsession pour contrôler, calomnier, et tenter de briser toute personne, anthroposophe ou non, qui ose le critiquer ». Mme de Vanssay, une autre alliée de longue date, a également pris ses distances :                « Grégoire a eu des comportements inadmissibles, irrespectueux et non éthiques ».

Zététiciens et journalistes en porte-à-faux

Le discrédit touche également la sphère des zététiciens (adeptes du scepticisme scientifique) et des journalistes qui avaient largement relayé la parole de Grégoire Perra. Richard Monvoisin, qui avait préfacé un livre de M. Perra, a exprimé son embarras et retiré sa préface, s’excusant « d’avoir par ma préface facilité quelque peu l’accès à ce personnage ». D’autres figures comme Elisabeth Feytit se disent « choquée et désolée d’avoir contribué à la diffusion de la parole de Grégoire PERRA ».

L’ANPAPS pointe du doigt une défaillance de la profession journalistique, citant un baromètre La Croix-Verian-La Poste de janvier 2026 indiquant que « 61% des Français se méfient des médias ». L’association liste plusieurs journalistes et médias (Le Monde diplomatique, L’Express, France 2, Charlie-Hebdo) accusés d’avoir relayé sans recul critique les affirmations de celui qu’un rédacteur en chef qualifiait de « source en or ». L’enquête en six volets du journaliste indépendant Brice Perrier (https://us.list-manage.com/W8J4IO1G7B_?e=07990b5768&c2id=0eb60f634a0326eec81e6e89481393cc), publiée en novembre 2024, avait déjà soulevé de sérieuses questions.

Des institutions mises en cause

Les critiques de l’ANPAPS visent aussi les institutions de lutte contre les dérives sectaires. La Miviludes est accusée d’avoir conféré une « crédibilité gouvernementale » à M. Perra en l’invitant comme expert à ses assises de mars 2023 et en le citant comme « témoin précieux » dans son rapport 2021. L’association rappelle que sa demande de dialogue avec la mission interministérielle reste sans réponse, malgré une pétition ayant recueilli plus de 10 000 signatures (https://us.list-manage.com/1Avaso4FAse?e=07990b5768&c2id=0eb60f634a0326eec81e6e89481393cc).

L’UNADFI (Union nationale des Associations de défense des Familles et de l’Individu victimes de Sectes) est également ciblée pour avoir, selon l’ANPAPS, « adoubé M. PERRA » dès 2011 et pour refuser aujourd’hui tout dialogue. L’association dénonce l’incohérence de sa présidente, Mme Katz, qui invoquerait la présomption d’innocence pour M. Perra tout en condamnant les écoles Steiner sans aucune condamnation judiciaire.

Un appel à un débat serein

Pour l’ANPAPS, ce système de dénigrement a eu des conséquences concrètes, comme la suspension de subventions à des écoles « par principe de précaution ». L’association appelle désormais à un débat public fondé sur « la vérification rigoureuse des sources » et « le respect du contradictoire ». Invoquant la liberté d’enseignement reconnue par le Conseil Constitutionnel, elle réaffirme sa disponibilité pour dialoguer avec l’ensemble des parties prenantes afin de contribuer à une information fiable et équilibrée sur la pédagogie Steiner-Waldorf. Le communiqué complet de l’ANPAPS est disponible en ligne (https://us.list-manage.com/Xct7LDcYiMX?e=07990b5768&c2id=0eb60f634a0326eec81e6e89481393cc).