PARIS : Patrimoine – La SNHF lance un appel aux dons…
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PARIS : Patrimoine – La SNHF lance un appel aux dons pour restaurer un chef-d’œuvre floral du 18ème siècle
La Société nationale d’Horticulture de France sollicite le mécénat pour financer la restauration d’un tableau majeur de la marquise de Grollier.
La Société nationale d’Horticulture de France (SNHF), gardienne d’un patrimoine horticole exceptionnel s’étendant du 16ème siècle à nos jours, lance une vaste campagne de mécénat pour la restauration d’une œuvre majeure de ses collections. Il s’agit d’une huile sur toile monumentale (163 cm x 112,5 cm) peinte en 1782 par la marquise de Grollier, l’une des fondatrices de la Société. Offerte par l’artiste elle-même le 29 août 1828, cette pièce a été inscrite au titre des Monuments historiques en novembre 2019, reconnaissant ainsi sa valeur iconographique et artistique exceptionnelle. Une fois restauré, le tableau sera exposé au siège de la SNHF à Paris, accessible à tous.

Un chef-d’œuvre en péril.
L’œuvre, qui représente le plus grand format connu de l’artiste, souffre des outrages du temps. Un examen détaillé révèle une toile distendue et gondolée, marquée par de nombreuses déformations et des restaurations anciennes inadaptées. La couche picturale est parcourue d’un réseau de craquelures, avec des soulèvements par endroits. Surtout, un vernis encrassé et oxydé masque l’éclat et la finesse du bouquet floral, cœur de la composition.
La restauration, qui sera confiée à un atelier habilité en raison du classement de l’œuvre, s’annonce minutieuse. Elle comprendra un nettoyage complet, un allégement des anciens vernis, le retrait des repeints, l’application d’un nouveau vernis protecteur, ainsi que le masticage et la réintégration des lacunes picturales. L’objectif est de lever le voile opaque du temps pour révéler la virtuosité originelle de l’artiste.
La marquise de Grollier, le « Raphaël des fleurs ».
Derrière ce tableau se cache une personnalité artistique majeure du Siècle des Lumières : Charlotte Eustache Sophie de Fuligny-Damas, marquise de Grollier (1741-1828). Élève du peintre Jean-Baptiste Greuze et du célèbre peintre de fleurs flamand Gérard Van Spaendonck, elle a su développer un style unique, mêlant précision botanique et composition allégorique. L’œuvre en question dépeint une colonne votive dédiée au dieu Mars, au sommet de laquelle un vase de fleurs est renversé par un projectile, symbolisant la fragilité de la beauté face à la guerre. Seul un lierre, emblème de la fidélité, demeure intact.
Reconnue par ses pairs, elle fut surnommée le « Raphaël des fleurs » par le sculpteur italien Antonio Canova. Son talent est également attesté dans un dialogue littéraire de 1820, extrait du *Catalogue pittoresque du cabinet de tableaux de Monsieur le Comte de Sommariva* de Stéphanie-Félicité du Crest :
« Lydanie : je regrette de ne pas voir dans cette magnifique collection un tableau d’une muse [d’une artiste] qui excelle dans ce genre. Mme la marquise de Grollier est la seule qui ait trouvé le secret de mettre de l’invention et de l’esprit dans des tableaux de fleurs.
Alcime : C’est qu’elle a laissé aller son pinceau comme un auteur spirituel laisse aller sa plume ; et tout naturellement l’esprit, la grâce et l’imagination devaient se trouver au bout de ce pinceau-là ».
Au-delà de son art, la marquise était une philanthrope et une figure intellectuelle de son temps, amie de la portraitiste Louise-Élisabeth Vigée Le Brun. Ses œuvres, longtemps dispersées, sont aujourd’hui redécouvertes et présentes dans de prestigieuses collections comme celles du Metropolitan Museum of Art de New York et du Lacma de Los Angeles.
Un appel à la générosité pour préserver un héritage.
Pour mener à bien ce projet de sauvegarde, la SNHF doit réunir la somme de 10 000 €. La campagne de dons est ouverte aux particuliers comme aux entreprises et s’achèvera en décembre 2026. La Société souligne que « restaurer ce tableau du 18ème siècle, c’est préserver une façon de penser et représenter le végétal à une époque où la botanique et l’horticulture se structuraient ». Si l’objectif financier n’était pas atteint, les fonds récoltés seraient alloués à la restauration d’autres trésors de la bibliothèque, notamment des livres patrimoniaux.
Par Bernard BERTUCCO VAN DAMME (PRESSE AGENCE – LA GAZETTE DU VAR), envoyé spécial à PARIS.
A NOTER…
Pour soutenir ce projet, plusieurs options sont possibles :
– Via le site internet de la SNHF (SNHF.org), en suivant les onglets « boutique », « mécénat », puis « soutenir la restauration ».
– Par virement bancaire direct sur le compte de la SNHF (IBAN : FR7630066100410001092030165).
Il est demandé aux donateurs d’informer Mégane Pulby, responsable du mécénat, par courriel (megane.pulby@snhf.org) pour préciser l’objet du don et recevoir un reçu fiscal. La réussite de cette campagne permettra de redonner à cette artiste la place qu’elle mérite parmi les grands noms de l’art floral.