PARIS : Patrimoine – La « Grande Transmission » exige…
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PARIS : Patrimoine – La « Grande Transmission » exige une anticipation rigoureuse
Face aux 9 000 milliards d’euros qui vont changer de mains d’ici 2040, la CNCEF Patrimoine dévoile ses stratégies pour optimiser cette succession historique.
C’est un phénomène démographique et économique sans précédent que les experts qualifient de « Grande Transmission ». D’ici à 2040, la disparition progressive de la génération née entre 1946 et 1964 va provoquer un transfert massif de richesses, évalué à 9 000 milliards d’euros par la Fondation Jean Jaurès. Pour éviter que cet héritage ne soit lourdement taxé ou source de conflits familiaux, l’anticipation devient le maître-mot. Pascale Gloser, présidente de la CNCEF Patrimoine, livre aujourd’hui ses recommandations pour naviguer dans cette complexité fiscale et civile.
Un inventaire indispensable.
La première étape, souvent négligée, reste l’état des lieux. Avant toute stratégie, il convient de recenser l’ensemble des actifs : immobilier, liquidités, assurance-vie, parts de société ou objets de valeur. Selon les spécialistes, cette démarche permet non seulement d’évaluer la masse successorale, mais surtout de « déminer les conflits ultérieurs ».
L’établissement d’un diagnostic successoral par un professionnel (notaire ou conseiller en gestion de patrimoine) permet de simuler précisément les droits de succession futurs. C’est également le moment idéal pour aborder les situations complexes, comme l’indivision ou les spécificités des familles recomposées, afin de protéger le conjoint survivant ou d’aider un descendant à accéder à la propriété.
Donner du vivant pour alléger la note.
L’optimisation fiscale passe inévitablement par la donation. Le cadre légal actuel permet à chaque parent de donner jusqu’à 100 000 euros par enfant tous les 15 ans, en totale exonération de droits. Pour un couple, cela représente une transmission potentielle de 200 000 euros par enfant sans impôt.
Il est important de noter qu’un dispositif spécifique est encore en vigueur cette année. Jusqu’au 31 décembre 2026, chaque parent, grand-parent ou arrière-grand-parent peut donner 100 000 euros supplémentaires pour l’acquisition d’une résidence principale neuve. Cette exonération, plafonnée à 300 000 euros pour le bénéficiaire, constitue un levier puissant pour soutenir les jeunes générations dans un marché immobilier tendu.
Briser le tabou par le testament.
Au-delà des chiffres, la transmission comporte une forte dimension psychologique. La rédaction d’un testament permet d’expliquer ses choix et de « respecter les personnalités et besoins de chacun ». L’organisation insiste sur la nécessité d’avertir ses enfants de l’existence de ce document.
Cette transparence permet d’anticiper les ressentiments, notamment lorsqu’un héritier reçoit davantage via la « quotité disponible » (la part du patrimoine dont on peut disposer librement). Expliquer pourquoi l’entreprise familiale revient à l’enfant le plus impliqué ou pourquoi une aide supplémentaire est accordée à un héritier en difficulté est souvent le meilleur moyen de préserver l’harmonie familiale.
Sauter une génération.
Enfin, les stratégies de transmission évoluent avec l’allongement de la durée de vie. Il n’est pas rare que les enfants héritent à un âge où leur patrimoine est déjà constitué. Dans ce cas, la renonciation peut être une solution pertinente : un enfant peut décider de renoncer à sa part au profit de ses propres enfants (les petits-enfants du défunt).
Ces derniers bénéficient alors de l’abattement fiscal de leur parent (100 000 euros) au lieu de l’abattement résiduel grand-parent/petit-enfant (1 594 euros). Ce mécanisme peut également s’appliquer à l’assurance-vie, à condition que la clause bénéficiaire ait été rédigée en prévoyant explicitement cette faculté de renonciation.
La CNCEF Patrimoine (https://www.cncef.org) est l’association professionnelle représentative des Conseils en Gestion de Patrimoine et des Conseillers en Investissements Financiers, regroupant plus de 1 800 structures adhérentes.