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PARIS : Pascale MATHIEU : « Il ne peut exister d’ambiguïté entre les pratiques de bien-être et les professions de santé »

Le Conseil d’État annule la norme AFNOR sur la réflexologie, une victoire pour l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes qui dénonçait un risque de confusion.

Le Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes (CNOMK) a obtenu une victoire juridique majeure avec l’annulation par le Conseil d’État de la norme AFNOR encadrant la pratique de la réflexologie. Dans une décision rendue le 19 juin 2026, la plus haute juridiction administrative française a jugé que cette norme créait une confusion préjudiciable entre une pratique de bien-être non validée scientifiquement et les actes relevant des professions de santé.

Une confusion jugée « inacceptable » entre soin et bien-être

Au cœur du litige se trouvait la norme n° NF 99-807, intitulée « Prestations de service du réflexologue », qui avait été homologuée par l’Association française de normalisation (AFNOR). Selon l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, ce texte attribuait aux réflexologues un rôle qui excédait largement le cadre du bien-être. Il leur reconnaissait des missions de prévention, d’accompagnement de maladies chroniques, ou encore de soutien à des traitements médicaux et chirurgicaux.

Pour le CNOMK, cette normalisation entretenait une « confusion inacceptable », particulièrement dans un contexte de progression de la désinformation en matière de santé. En saisissant la justice, l’Ordre a souhaité réaffirmer la frontière essentielle entre les techniques de relaxation et les pratiques thérapeutiques qui, elles, reposent sur des données scientifiques avérées.

La validation juridique du Conseil d’État

Le Conseil d’État a confirmé l’analyse de l’Ordre, estimant que la décision d’homologation de la norme par l’AFNOR était « entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ». La haute juridiction a ainsi réaffirmé un principe fondamental : la nécessaire distinction entre les pratiques de bien-être et les professions de santé, ces dernières étant seules habilitées à réaliser des actes de soin et étant régies par la quatrième partie du code de la santé publique.

Cette décision fait jurisprudence en rappelant que la normalisation de pratiques non conventionnelles ne peut se faire au détriment de la clarté de l’information due au public. Elle vise à garantir que les patients puissent faire des choix éclairés, basés sur des informations transparentes et scientifiquement fondées.

Un engagement constant contre les « pratiques illusoires »

Cette action en justice s’inscrit dans un engagement plus large de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes dans la lutte contre les dérives thérapeutiques. L’organisation professionnelle rappelle son attachement à la recherche en santé et son opposition aux « pratiques et techniques illusoires » qui ne disposent d’aucune validation scientifique.

Pour informer et protéger les patients, le CNOMK tient à jour un tableau référençant ces techniques, afin que les kinésithérapeutes eux-mêmes ne puissent s’en prévaloir et que le grand public soit mieux armé face aux promesses sans fondement.

Pascale MATHIEU, présidente du Conseil national de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, a salué une décision qui clarifie le paysage de la santé en France.

« Le Conseil d’État rappelle avec force que les mots ont un sens et qu’il ne peut exister d’ambigüité entre les pratiques de bien-être et les professions de santé », a-t-elle déclaré.

« L’Ordre poursuivra son action pour que chaque patient puisse bénéficier des thérapeutiques dont l’efficacité est reconnue et des connaissances médicales avérées », a-t-elle ajouté.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).