Passer au contenu principal

PARIS : « Oradour coloniaux français », par Olivier LE COUR…

Partager :

PARIS : « Oradour coloniaux français », par Olivier LE COUR GRANDMAISON

Le 25 février 2025, une simple phrase prononcée à la radio par Jean-Michel Aphatie provoque un séisme politique et médiatique : La France « a fait des centaines [d’Oradour] en Algérie ».

C’est le point de départ de ce livre, dans lequel le politologue exhume une mémoire étouffée, celle des crimes commis au nom de la République dans ses colonies. Car ces massacres coloniaux, loin d’être des accidents ou des « bavures », furent une véritable politique.

PRÉSENTATION DU LIVRE PAR L’AUTEUR

25 février 2025. Sur RTL, le journaliste Jean-Michel Aphatie affirme : « Chaque année en France, on commémore ce qu’il s’est passé à Oradour-sur-Glane, c’est-à-dire le massacre de tout un village. Mais on en a fait des centaines, nous, en Algérie. » Des extrêmes-droites jusqu’au prétendu « bloc central », le scandale est immédiat. S’ensuit la suspension d’une semaine décidée par la radio pour sanctionner le coupable présumé.

Traité comme la conséquence d’un combat politico-culturel toujours plus agressif et liberticide mené par les droites de gouvernement radicalisées, engagées depuis longtemps dans la réhabilitation du passé colonial, cet événement doit être mis en perspective. On découvre ainsi que la référence au massacre perpétré par la division Das Reich est, dans les années 1950, courante parmi les historiens et les intellectuels qui condamnent les crimes commis en Indochine puis en Algérie. Plus encore, l’étude des guerres coloniales, conduites par la France depuis la conquête de l’ancienne régence d’Alger en 1840, permet de saisir leur nature singulière de guerres totales qui reposent sur la militarisation de l’ensemble des populations « indigènes » et des territoires dominés. De là, les nombreuses tueries de civils, les destructions massives et le recours à des violences extrêmes : tortures, déportations, exécutions sommaires et disparitions forcées.
De là, de nombreux Oradour coloniaux.

Olivier Le Cour Grandmaison, enseignant en sciences politiques et philosophie politique à l’université Évry Paris-Saclay, est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés à la construction de l’empire français, en Algérie et ailleurs, aux origines savantes et coloniales de l’islamophobie, aux racismes d’État et aux Etats racistes.