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PARIS : Olivier HEMAR : « Une démonstration de ChatGPT n’est pas une formation »
Le groupe de conseil MARGO alerte sur les dangers de l’IA en entreprise, pointant une formation insuffisante et un manque de gouvernance.
Alors que l’intelligence artificielle s’intègre à un rythme effréné dans le monde professionnel, de nombreuses entreprises naviguent à vue, négligeant deux piliers fondamentaux : la formation réelle des équipes et l’établissement d’une gouvernance claire. Selon une expertise du groupe de conseil MARGO, ces angles morts pourraient rapidement exposer les organisations à des risques majeurs de fiabilité, de responsabilité et de conformité, compromettant ainsi le déploiement durable de ces technologies.
Un déficit criant de formation
L’enthousiasme pour l’IA cache une réalité préoccupante sur le terrain. Loin des discours ambitieux, la montée en compétences des collaborateurs reste le parent pauvre des stratégies d’entreprise. « Aujourd’hui, la formation à l’IA en entreprise reste largement insuffisante. Dans de nombreux cas, elle se limite à des démonstrations d’outils ou à des présentations internes, loin d’un véritable apprentissage des usages professionnels », explique Olivier Hémar, CEO et cofondateur de MARGO.
Pour le cabinet d’experts, former à l’intelligence artificielle ne se résume pas à maîtriser une interface conversationnelle. Il s’agit d’inculquer des compétences plus profondes : apprendre à formuler un problème de manière pertinente, être capable d’analyser et de valider de manière critique les résultats produits par les modèles, et savoir anticiper les risques métier liés à leur utilisation. Dans cette optique, la « data literacy », ou littératie des données, s’impose comme une compétence de base indispensable, au même titre que la maîtrise d’un tableur. Elle devrait logiquement devenir un critère central dans les futurs processus de recrutement. Ce vaste chantier de formation est d’ores et déjà identifié comme une priorité stratégique pour les deux à trois prochaines années.
Au-delà de la fracture générationnelle
L’analyse de MARGO vient également nuancer l’idée reçue d’une fracture générationnelle face à l’IA. Si les salariés les plus jeunes adoptent souvent ces nouveaux outils avec une grande aisance, ils ne possèdent pas toujours le recul ou l’expertise métier pour évaluer la pertinence des réponses générées. À l’inverse, les profils plus expérimentés, forts d’une solide connaissance de leur secteur, peuvent se montrer plus prudents face à des technologies qui bousculent leurs méthodes de travail.
Le véritable avantage compétitif ne résiderait donc pas dans l’âge, mais bien dans la capacité à évaluer la fiabilité d’un résultat produit par l’IA. La complémentarité entre l’agilité des uns et l’esprit critique des autres apparaît comme une clé de succès pour une intégration réussie.
Gouvernance et conformité : l’urgence réglementaire
Le second angle mort majeur est l’absence de cadre structurant. Actuellement, de nombreux projets d’IA se développent sans règles clairement établies, laissant en suspens des questions cruciales : qui valide les décisions prises par un modèle ? Qui porte la responsabilité juridique et éthique en cas d’erreur, de discrimination ou de biais ?
Ces interrogations ne relèvent plus de la simple prospective. Avec l’entrée en vigueur progressive de réglementations comme le RGPD et surtout l’AI Act européen, la mise en place d’une gouvernance robuste devient une obligation. La conformité réglementaire, la capacité à mesurer le retour sur investissement des projets et l’explicabilité des décisions algorithmiques sont désormais des exigences incontournables pour poursuivre les déploiements à grande échelle.
« Beaucoup d’entreprises expérimentent l’IA, mais très peu investissent réellement dans la formation et la gouvernance. Une démonstration de ChatGPT n’est pas une formation. Les organisations doivent apprendre à poser les bons problèmes, à vérifier les résultats et à gérer les risques. Dans les prochaines années, la data literacy et l’encadrement des usages de l’IA deviendront des prérequis pour déployer ces technologies de manière durable », souligne Olivier Hémar.
Fondée en 2005, MARGO est un groupe de conseil en IT spécialisé dans les missions à haute complexité technologique. Avec plus de 400 collaborateurs en France, Pologne et Angleterre, l’entreprise accompagne les grands groupes des secteurs de la finance, de l’assurance ou de l’industrie dans leur transformation digitale, notamment sur les sujets de Data et d’Intelligence Artificielle.