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PARIS : Observer et faire connaître les conséquences des …

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Floriane Dumont
17 Avr 2024

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PARIS : Observer et faire connaître les conséquences des crises liées aux scolytes

Le terme scolyte regroupe environ 140 espèces différentes en France dont une dizaine d’espèces dommageables à la forêt.

Ces petits coléoptères sont inféodés à des espèces d’arbres. Par exemple, le typographe attaque les épicéas tandis que le curvidenté attaque le sapin. Les scolytes se développent aux dépens des arbres en creusant des galeries dans la partie vivante du tronc et des branches. Dans certains cas, à la faveur d’une sécheresse ou à la suite de tempêtes, les arbres sont affaiblis et certaines espèces de scolytes peuvent pulluler et engendrer des dommages économiques considérables dans les peuplements. Depuis 2018, les sécheresses successives et les fortes températures enregistrées dans le grand quart Nord-Est de la France ont déclenché des mortalités massives d’épicéas par le typographe.

Les dommages ont commencé en plaine, car les arbres étaient beaucoup plus fragilisés. Les conditions météorologiques ont permis le développement d‘une génération d’insectes en plus par an, avec un effet exponentiel sur la dynamique des populations et donc sur l’expansion des dégâts. Petit à petit, ce phénomène épidémique est monté en altitude pour atteindre désormais, depuis 2023, les zones naturelles de l’épicéa en montagne. Depuis 2018, on estime le volume de bois de crise à 37 M de m3 (22 en épicéa, 15 en sapin) et les surfaces touchées à 110 000 ha à rapporter aux 520 000 ha de peuplements d’épicéas et de sapins présents dans les régions concernées.

Les impacts sont donc visibles non seulement sur les paysages, sur les écosystèmes mais aussi sur la ressource bois avec des flux d’approvisionnement et une qualité des produits perturbés. Si des mesures d’observation et d’accompagnement ont déjà été mises en place depuis le début de la crise, l’ambition du présent plan est de rendre plus visible et mieux piloter les actions déjà mises en œuvre et en déployer de nouvelles.

Poursuivre l’action du Département santé des forêts (DSF) au service de l’observation et de la détection précoce des foyers scolytés

Fort du maillage territorial national des 270 ingénieurs et techniciens correspondant observateurs de la forêt publique et de la forêt privée, le DSF s’appuie sur des protocoles de suivi et de diagnostic terrain rigoureusement établis pour constituer une base de données et partager un état des lieux harmonisé à différentes échelles spatio-temporelles. Le développement, la validation et la mise à disposition de méthodes et de résultats cartographiques et quantitatifs de télédétection satellitaire des anomalies de végétation sont pilotés par le DSF depuis le début de la crise en 2017 et sont à poursuivre. Ces outils permettent de caractériser et d’objectiver la progression de l’épidémie, de détecter précocement les arbres attaqués pour que la filière puisse s’organiser et agir le plus précocement possible sur les foyers.

Mieux faire connaître et partager la situation sanitaire des forêts françaises

Le Département santé des forêts publie régulièrement les actualités relatives à la situation sanitaire des forêts françaises : https://agriculture.gouv.fr/actualite-en-sante-des-forets

À l’occasion de la journée internationale des forêts, l’Observatoire des forêts françaises lance sa nouvelle version de site internet. En particulier, le club « santé des forêts » co-piloté par l’IGN et le Département santé des forêts du ministère de l’agriculture, mobilise l’expertise de l’INRAE, du CNPF et de l’ONF pour actualiser les pages dédiées aux problèmes sanitaires en cours. On y trouve notamment la carte des niveaux de dégâts de scolytes sur sapins et épicéas. Le DSF est associé aux cellules de crise locales et nationale au sein desquelles il partage l’état des lieux des dégâts, les analyses de vulnérabilité, et les bonnes pratiques de lutte et de prévention sanitaire. Sur le terrain les messages sont relayés par les correspondants observateurs, référents techniques et ambassadeurs de la santé des forêts dans leur environnement professionnel quotidien.