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PARIS : Nils PEDERSEN : « L’égalité femmes-hommes est…

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PARIS : Nils PEDERSEN : « L’égalité femmes-hommes est un choix de croissance inclusive »

Le Pacte mondial de l’ONU appelle les entreprises à viser la parité et l’égalité salariale dès 2030 pour booster leur performance économique.

Alors que la Journée internationale des droits des femmes se profile ce dimanche 8 mars, le constat posé par le Pacte mondial de l’ONU – Réseau France est sans appel : l’égalité de genre ne doit plus être perçue uniquement comme une obligation légale, mais comme un levier stratégique majeur. Dans une note d’expertise dévoilée ce vendredi 6 mars, l’organisation exhorte le secteur privé à changer de braquet.

L’enjeu dépasse la simple éthique. Pour les entreprises, la mixité est un facteur avéré de productivité, d’innovation et de maîtrise des risques. Nils Pedersen, Délégué général du Pacte mondial de l’ONU – Réseau France, résume ce changement de paradigme : « L’engagement du secteur privé en faveur de l’égalité des genres ne relève pas uniquement d’une obligation réglementaire, c’est faire le choix d’une croissance plus inclusive, créatrice de valeur et porteuse d’avenir. En favorisant l’égalité entre les femmes et les hommes, les entreprises renforcent leur performance économique ».

Une convergence trop lente vers l’équité

Malgré des avancées notables, le rythme actuel reste insuffisant pour répondre aux enjeux contemporains. Les statistiques compilées dans la note d’expertise (consultable ici : https://pactemondial.org/base_documentaire/legalite-des-genres-un-pivot-de-la-performance-globale/) dressent un tableau préoccupant. À l’échelle mondiale, les femmes occupent toujours moins d’un tiers des postes de direction. Au rythme actuel, la parité économique mondiale ne serait atteinte que dans 150 ans, un délai incompatible avec l’urgence des défis climatiques et sociaux.

En France, la situation, bien qu’en progrès, nécessite une accélération. La parité aux postes de direction ne serait atteinte qu’en 2042 si la tendance actuelle se poursuit. Quant à l’écart de rémunération, qui s’élevait encore à 13,9 % en 2022, il faudrait attendre trois décennies pour le résorber totalement sans action volontariste.

Un cadre législatif qui se durcit en 2026

Cette publication intervient dans un contexte réglementaire charnière. Depuis ce mois de mars 2026, la loi « Rixain » impose aux entreprises de plus de 1 000 salariés d’atteindre un objectif d’au moins 30 % de femmes et d’hommes parmi les cadres dirigeants et les membres des instances dirigeantes. Ce seuil sera relevé à 40 % en 2029.

Parallèlement, la pression européenne s’accentue. La directive sur la transparence des rémunérations doit être transposée en droit français avant juin 2026. Elle obligera les structures de plus de 100 salariés à corriger tout écart de salaire supérieur à 5 % à valeur de travail égale.

L’initiative « Forward Faster » pour accélérer

Pour accompagner cette transformation, le Pacte mondial promeut l’initiative « Forward Faster ». L’objectif est de passer d’un engagement de principe à une logique de résultats quantifiables. Le programme fixe deux cibles de rupture à atteindre d’ici 2030 : la parité absolue aux postes de direction et une égalité salariale stricte pour un travail de valeur égale.

Actuellement, près de 80 entreprises françaises se sont déjà engagées sur ces objectifs, rejoignant un mouvement global de 900 organisations. « Nous disposons aujourd’hui de l’ensemble des leviers nécessaires, et il est temps de faire de ces promesses une réalité », insiste Nils Pedersen.

Des retombées économiques majeures

L’impact potentiel d’une telle transition est colossal. Selon le European Institute for Gender Equality, l’amélioration de l’égalité dans des secteurs clés comme le numérique ou l’ingénierie pourrait générer jusqu’à 10,5 millions d’emplois supplémentaires dans l’Union Européenne d’ici 2050. Les gains de PIB pourraient atteindre 12 % pour les pays disposant des plus grandes marges de progression.

Charlotte Saint-Arroman, Directrice Exécutive d’ONU Femmes France, rappelle la dimension universelle de ce combat : « L’égalité entre les femmes et les hommes n’est pas seulement une exigence de justice : c’est une condition essentielle du progrès humain. Lorsque les femmes participent pleinement à l’économie […], nos sociétés deviennent plus prospères ».

Pour soutenir les entreprises, le réseau propose divers outils, dont les 7 principes d’autonomisation des femmes (WEPs) et l’Accélérateur Target Gender Equality, un programme de formation de six mois.

Plus d’informations sur les initiatives sont disponibles sur le site officiel du réseau (www.pactemondial.org).