PARIS : Néoréaction – L’Institut Iliade clarifi…
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PARIS : Néoréaction – L’Institut Iliade clarifie sa position face aux « Lumières sombres » américaines
Interrogé par Le Figaro, l’Institut Iliade publie ses réponses complètes sur la pensée néoréactionnaire, saluant une audace critique mais marquant ses distances.
Dans le cadre d’un débat intellectuel croissant autour des idées « néoréactionnaires » ou des « Lumières sombres » (Dark Enlightenment), l’Institut Iliade a décidé de publier l’intégralité de ses réponses à une enquête menée par le quotidien Le Figaro. Le think tank, basé à Paris, entend ainsi préciser sa position, au-delà des extraits retenus dans l’article final, sur ce courant de pensée américain incarné par des figures comme Curtis Yarvin, Nick Land ou Peter Thiel.
L’institut confirme sa familiarité avec ces auteurs, dont il suit les travaux. Il reconnaît la valeur de certaines de leurs analyses, tout en soulignant des divergences fondamentales qui empêchent une adhésion pleine et entière à leur vision du monde.
Une critique stimulante mais des limites fondamentales
L’Institut Iliade salue d’abord la portée critique de la pensée néoréactionnaire, la jugeant « très stimulante ». Il met en avant des concepts percutants qui renouvellent l’analyse de notre époque.
« On peut penser à la critique du gauchisme et du « bioléninisme » chez Spandrell, ou à la critique de la cléricature journalistique et universitaire chez Yarvin, à travers le concept de « Cathédrale » », détaille le think tank.
Pour l’institut, ces critiques, bien que non nouvelles, ont le mérite de reformuler des thèmes de la tradition intellectuelle de droite dans un langage propre au 21ème siècle, permettant ainsi de toucher un nouveau public. Le phénomène témoigne surtout d’une « importante crise de confiance d’une partie des élites technologiques américaines envers le progressisme, la démocratie libérale et les formes classiques du conservatisme anglo-saxon ».
Cependant, l’institut pose des limites claires à cette admiration. La principale pierre d’achoppement réside dans l’anthropologie qui sous-tend la pensée de ces auteurs.
« Leur vision repose en effet, pour la plupart, sur une anthropologie résolument individualiste, voire libertarienne, en contradiction avec les positions fondamentales de notre institut », précise l’Iliade.
Des ponts ténus avec la Nouvelle Droite européenne
Interrogé sur les liens possibles avec la Nouvelle Droite française, l’Institut Iliade se montre prudent. Il estime que les liens avec la tradition « réactionnaire » européenne classique (Edmund Burke, Joseph de Maistre) sont plus évidents que ceux avec la Nouvelle Droite. La raison de cette distance est, là encore, philosophique.
« Ceux-ci [les néoréactionnaires] sont, pour la plupart, des post-libertariens, c’est-à-dire des auteurs qui conservent l’idéal d’une société libertarienne, mais en le corrigeant par une approche plus réaliste du politique », analyse l’institut.
Cette divergence se manifeste dans la vision même de l’organisation politique.
« Là où la NRx [néoréaction] raisonne souvent en termes de cités concurrentielles (le « Patchwork ») et de logique d’entreprise transposée au domaine politique (le « Roi CEO »), notre approche demeure civilisationnelle, européenne, enracinée et institutionnelle », souligne le communiqué.
L’institut conclut sur ce point en affirmant ne pas croire que « la politique puisse être réduite à une ingénierie de la gouvernance ».
Une présence dans les publications, pas dans les formations
Concrètement, l’Institut Iliade indique n’accorder aucune place à la pensée néoréactionnaire dans ses formations à ce jour. En revanche, le sujet est abordé dans ses publications, notamment à travers un article d’Antoine Dresse, responsable éditorial de l’institut, intitulé « La néoréaction, ou le royalisme à l’âge de la tech ».
Le think tank mentionne également suivre avec attention les publications qui diffusent ces idées, comme le magazine en ligne RAGE, qu’il considère comme la « porte d’entrée française vers la NRx ». Il prend soin toutefois de noter les nuances, y compris les divergences géopolitiques entre la NRx américaine, souvent favorable à une « anglosphère » détachée de l’Europe, et la ligne de l’Institut Iliade qui « plaide pour une Europe puissance ».
En rendant publiques ces clarifications, l’Institut Iliade souhaite offrir à chacun la possibilité de prendre connaissance de sa position « dans toute sa précision », face à un courant intellectuel qui continue de susciter débats et interrogations. L’article du Figaro est accessible sur le site du journal (https://www.lefigaro.fr/).
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).
