PARIS : Négociations salariales – Blocage dans la bra…
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PARIS : Négociations salariales – Blocage dans la branche des Bureaux d’Études
Face à une proposition jugée insuffisante, les syndicats de la branche des Bureaux d’Études claquent la porte des négociations salariales.
Le dialogue social est rompu dans la branche des Bureaux d’Études, qui regroupe les métiers de l’ingénierie, du conseil et du numérique. Après quatre réunions de négociation et une année 2025 sans aucun accord salarial, les organisations syndicales représentatives (CFDT, CFE-CGC, CFTC et CGT) ont annoncé hier, à l’issue d’une Commission Paritaire Permanente de Négociation et d’Interprétation (CPPNI), la suspension des pourparlers. En cause, une proposition patronale jugée très en deçà des attentes des salariés face à l’inflation et aux enjeux d’attractivité du secteur.
Une revalorisation jugée « symbolique »
Les syndicats dénoncent la faiblesse de l’offre patronale, qui se limiterait à une augmentation générale de 40 € bruts mensuels. Des ajustements spécifiques sont prévus pour les premiers niveaux de la catégorie ETAM (Employés, Techniciens et Agents de Maîtrise), avec 65 € pour le premier échelon et 60 € pour les trois suivants. Cependant, une fois l’augmentation légale du SMIC prise en compte, le gain réel pour le premier niveau ne serait que de 12 € bruts.
Selon les calculs des organisations syndicales, ces mesures se traduiraient par des hausses de salaires comprises entre 0,7 % et 3,2 % pour les ETAM, et seulement de 0,7 % à 1,64 % pour les ingénieurs et cadres. Des chiffres jugés dérisoires au regard de la progression du SMIC d’environ 6 % depuis le dernier accord de branche, et qui ne permettraient pas de compenser la perte de pouvoir d’achat.
Le spectre de la « smicardisation »
Au-delà de l’enjeu immédiat, les syndicats alertent sur une dégradation structurelle. Ils pointent un « écrasement des premiers niveaux de classification » et une « smicardisation progressive de la grille des salaires minima ». Ce phénomène affaiblit la reconnaissance des qualifications et de l’expérience, les salaires d’entrée se rapprochant dangereusement du minimum légal.
Dans leur communiqué commun, les quatre syndicats affirment que la grille des salaires minimaux, élément pourtant essentiel de la convention collective, perd son rôle de repère. « En 10 ans, la partie patronale a abandonné ses responsabilités : à l’exception des plus basses catégories – qui sont rattrapées par le SMIC – les minima de branche ne cessent de diminuer en euro constant et de se contracter », expliquent-ils, appelant à une revalorisation profonde de l’ensemble de la grille.
L’État appelé à la rescousse et les négociations suspendues
Face à ce qu’elles considèrent comme une impasse, les organisations syndicales ont pris deux décisions fortes à l’unanimité lors de la réunion du 24 juin. Elles ont d’une part décidé de solliciter l’intervention de l’État en demandant la mise en place d’une Commission mixte paritaire pour tenter de débloquer la situation.
D’autre part, et en signe de protestation, elles suspendent leur participation à toutes les autres négociations en cours sur les différents accords de branche. Cette mesure vise à mettre la pression sur la partie patronale jusqu’à la prochaine réunion de la CPPNI, dont la date n’est pas encore fixée. Les syndicats concluent en martelant leur position :
« Les salariés de la branche méritent mieux qu’une revalorisation symbolique et une nouvelle année blanche ».
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

