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PARIS : Nathalie CHAILLOU : « La psychogénéalogie des États pour sortir des impasses historiques »
Le projet de recherche « Réparer les États-Nations » inaugure sa phase opérationnelle en proposant une méthode inédite pour analyser les traumatismes collectifs qui conditionnent les décisions politiques.
Pourquoi des États dotés d’outils de modélisation sophistiqués et d’experts continuent-ils de répondre aux crises par des stratégies maintes fois mises en échec ? C’est à ce paradoxe que s’attaque Nathalie Chaillou avec le lancement de la phase de réparation de son projet « Réparer les États-Nations ». Face aux crises économiques, sociales et géopolitiques, la persistance de réflexes inefficaces — centralisation accrue, conquête, relance coûte que coûte — interroge la mémoire même des institutions.
Une discipline inédite : la psychogénéalogie des États.
L’originalité de la démarche réside dans l’application de la psychogénéalogie, discipline habituellement réservée à la sphère familiale, à l’échelle des nations. « Ce qui n’a pas été pensé hier tend alors à se répéter aujourd’hui », souligne l’équipe du projet. Cette approche postule que les orientations politiques ne sont pas uniquement le fruit de choix rationnels, mais découlent d’héritages profonds et de traumatismes historiques non digérés.
Tout comme un individu peut reproduire des schémas familiaux inconscients, un État possèderait une mémoire collective structurée où certains événements fondateurs agissent comme des traumatismes non résolus. L’objectif est de rendre visibles ces héritages invisibles pour permettre aux décideurs de desserrer les impasses.
La France comme laboratoire de réparation.
Pour inaugurer cette phase de « réparation », le projet se concentre sur un cas central : la France. Le choix n’est pas anodin. L’Hexagone présente une histoire étatique longue, caractérisée par une forte centralisation du pouvoir et un rapport spécifique à l’autorité.
Après une première phase de diagnostic, le projet diffuse désormais une série de vidéos et d’analyses détaillant la méthode de réparation applicable au modèle français. L’ambition est pédagogique : utiliser le cas français comme matrice pour comprendre comment déconstruire les blocages structurels, une démarche ensuite transposable à d’autres nations. Les contenus sont accessibles sur le site officiel du projet (https://www.histoiresdunereparation.fr).
Un socle scientifique pluridisciplinaire.
Loin d’une simple psychologisation de la politique, la méthode s’appuie sur un corpus théorique dense. Elle convoque les travaux d’historiens de la genèse de l’État comme Jean-Philippe Genêt, les analyses sociologiques anglo-saxonnes de Thomas Ertman, ou encore la psychologie historique d’Ignace Meyerson.
Nathalie Chaillou, diplômée de Sciences Po et de Sup de Co Bordeaux, porte ce projet fort d’une expérience internationale et de dix ans de recherches interdisciplinaires. « Réparer un État, dans cette approche, consiste à rendre visibles les héritages qui conditionnent ses choix, afin d’ouvrir la possibilité d’autres trajectoires », précise le communiqué de lancement.
Pour accompagner cette phase, un nouveau dispositif de transmission est mis en place, incluant des sessions de questions-réponses pour approfondir les concepts. Le profil complet de l’autrice est consultable sur LinkedIn (https://www.linkedin.com/in/nathalie-chaillou-a0055020/).