PARIS : Municipales 2026 – Oxfam France dévoile les c…
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PARIS : Municipales 2026 – Oxfam France dévoile les communes modèles dans la lutte contre la pauvreté
À l’approche des élections municipales, l’ONG publie un rapport recensant cinquante-cinq initiatives locales exemplaires pour réduire les inégalités alors que la précarité progresse.
Le constat dressé par Oxfam France est alarmant : la pauvreté touche désormais plus de 15 % de la population française, un niveau inédit depuis trente ans. Pourtant, les budgets communaux alloués à l’action sociale ont reculé de 3,6 % entre 2020 et 2023. Dans ce contexte tendu, l’organisation non gouvernementale publie son rapport intitulé « Pour des villes solidaires », véritable répertoire de solutions concrètes à destination des candidats aux élections de 2026.
Le pouvoir d’achat au cœur de l’action locale.
Face à l’inflation et à la baisse du pouvoir d’achat, certaines municipalités tentent d’amortir le choc pour les ménages les plus modestes. C’est le cas à Grande-Synthe (Nord), où la mairie expérimente depuis 2019 un « Minimum social garanti ». Ce dispositif assure à chaque bénéficiaire un revenu de 885 euros par mois, une mesure visant à prévenir les situations d’urgence et à renforcer l’autonomie des habitants. En Seine-Saint-Denis, les communes du Bourget et de Drancy ont fait le choix d’instaurer la gratuité des cantines scolaires, un levier direct pour alléger le budget des familles. En Outre-mer, la Guyane a mis en place le programme « Guyane Révélée », offrant un accompagnement global vers l’emploi incluant la garde d’enfants, le transport et le logement.
L’urgence de l’accès au logement.
Le logement représente une part croissante des dépenses contraintes des ménages, ayant plus que doublé depuis 1960 selon les données de l’INSEE (https://www.insee.fr/fr/statistiques/7666883?sommaire=7666953). Alors que 64 % des communes soumises à la loi SRU ne respectent pas leurs obligations, certaines villes se distinguent par leur volontarisme.
À Lyon et Villeurbanne (Rhône), les municipalités ont lancé un plan humanitaire mobilisant des logements vacants pour l’hébergement d’urgence. À Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), un service de recouvrement des dettes locatives, associé à des travailleurs sociaux, a été créé pour prévenir les expulsions. À Antony (Hauts-de-Seine), la ville a acquis des pavillons pour proposer des logements solidaires à loyers symboliques, évitant ainsi le recours à de grands projets immobiliers.
Combattre les déserts médicaux.
L’accès aux soins demeure une préoccupation majeure : 1,6 million de Français renoncent à se soigner faute d’accès aux services médicaux, une situation qui frappe trois fois plus les personnes pauvres selon la DREES : (https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications/etudes-et-resultats/renoncement-aux-soins-la-faible-densite-medicale-est-un-facteur).
Pour pallier ces carences, des initiatives originales émergent en zone rurale. À Ajain (Creuse) et à Ménigoute (Deux-Sèvres), des centres de santé solidaires ont ouvert leurs portes, permettant à des médecins venus d’autres territoires de se relayer pour assurer la continuité des soins. À Grenoble (Isère), une « Caravane des droits » sillonne la ville pour accompagner les habitants dans leurs démarches administratives et lutter contre le non-recours. À Acoua (Mayotte), une Maison des familles offre un accueil de proximité.
Des choix politiques clivants.
Le rapport d’Oxfam pointe également les effets des politiques menées dans les villes dirigées par l’extrême droite, soulignant des attaques systématiques contre les mesures de solidarité. À Villers-Cotterêts (Aisne) et au Pontet (Vaucluse), la gratuité des cantines a été supprimée ou les tarifs augmentés. À Fréjus (Var), des centres sociaux ont fermé leurs portes, tandis qu’à Hayange (Moselle), le Secours populaire a été expulsé de ses locaux. À Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), une charte de « commune sans migrant » a été instaurée.
À l’opposé, d’autres communes font de l’accueil un principe cardinal. Metz (Moselle) a intégré l’accueil des réfugiés fuyant les conflits internationaux à son action municipale. À Louvigny (Calvados), la municipalité accueille des familles réfugiées depuis 2016 et organise des débats citoyens sur les politiques migratoires.
Alors que 68 % des Français déclarent faire confiance aux maires pour agir, contre seulement 8 % pour le gouvernement selon une étude récente, ces exemples de terrain pourraient inspirer les programmes des futures équipes municipales. Selon une étude de l’association Destin Commun (https://www.destincommun.fr/analyses-et-debats/elections-municipales-2026-mobilisation-et-attentes-des-francais-destin-commun/?utm_source=chatgpt.com), six Français sur dix estiment aujourd’hui ne pas profiter des politiques menées dans leur commune.