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PARIS : « Mouriez-vous pour le Groenland ? », le regard des…

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PARIS : « Mouriez-vous pour le Groenland ? », le regard des Américains selon l’Ifop

Les projets impérialistes de l’administration Trump en Amérique du Nord suscitent un rejet massif chez les Américains et les Français, selon une étude Ifop.

« Mouriez-vous pour le Groenland ? »

Alors que le nouveau Premier ministre canadien, Mark Carney, se rend à Washington pour rencontrer le président américain, une étude réalisée par l’Ifop pour le site d’information NYC.eu révèle l’opinion des Américains et des Français sur les ambitions expansionnistes de l’administration Trump. Menée auprès de 1 225 Américains et de 1 000 Français, cette enquête montre un rejet massif des projets d’annexion du Canada, du Groenland ou du canal de Panama, avec une opposition particulièrement marquée en France.

Les projets impérialistes de Trump : un rejet massif

Les projets expansionnistes de Donald Trump, notamment l’annexion du Canada et du Groenland, sont loin de faire l’unanimité parmi les Américains d’après ce sondage. Seuls 19% des Américains soutiennent l’idée d’annexer le Canada, contre 66% qui la désapprouvent. De même, l’annexion du Groenland ne convainc que 22% des Américains, tandis que 56% s’y opposent. Ces projets sont également impopulaires au sein du propre camp de Trump : seulement 28% des Républicains soutiennent l’annexion du Canada et 38% celle du Groenland.

L’étude met en lumière un « gender gap » significatif. Par exemple, 26% des hommes américains soutiennent l’annexion du Groenland, contre 18% des femmes. Chez les jeunes, les hommes de moins de 35 ans sont deux fois plus favorables à l’annexion du Canada (33%) que les femmes du même âge (15%).

Une opposition encore plus forte en France

Selon ces sondages, les Français se montrent encore plus hostiles aux ambitions impérialistes de Trump. 78% d’entre eux s’opposent à l’annexion du Canada, 77% à celle du Groenland et 75% à la prise de contrôle du canal de Panama par les États-Unis. Cette opposition est si vive qu’une fraction importante de la population française serait prête à une intervention militaire pour contrer ces projets. Plus de quatre Français sur dix estiment que la France doit empêcher « au besoin par la force » l’annexion du Canada ou du Groenland.

Un rejet accentué en cas de recours à la force

L’opinion publique américaine est encore plus réticente à l’idée d’un recours à la force militaire ou à des pressions économiques pour réaliser ces annexions. 68% des Américains s’opposent à l’utilisation de pressions économiques pour annexer le Canada, et 70% rejettent l’idée d’une intervention militaire pour annexer le Groenland. Même parmi les Républicains, seuls 33% soutiennent une opération militaire pour prendre le contrôle du canal de Panama.

En France, l’opposition à l’usage de la force est quasi unanime : 81% des Français s’opposent à l’annexion du Canada, 82% à celle du Groenland et 82% à la prise de contrôle du canal de Panama.

Une comparaison historique avec 1939

L’étude compare les réactions des Français face aux projets expansionnistes de Trump avec celles observées en 1939, lorsque l’Allemagne nazie menaçait d’annexer le couloir de Dantzig. En 1939, 76% des Français étaient prêts à empêcher par la force l’Allemagne d’annexer Dantzig, contre 43% aujourd’hui pour empêcher les États-Unis d’annexer le Groenland. Cette différence s’explique en partie par la perception d’une menace moins vitale et plus éloignée géographiquement.

Des clivages politiques en France

L’analyse des réponses françaises révèle des clivages politiques marqués. Seuls 32% des sympathisants du Rassemblement National (RN) soutiennent une intervention militaire contre l’annexion du Canada, contre 65% des sympathisants de La France Insoumise (LFI) et 78% des sympathisants de Renaissance. Cette division rappelle les débats de 1939, où des figures comme Marcel Déat, futur collaborateur, s’opposaient à une intervention militaire contre l’Allemagne nazie.

Des résultats qui soulignent l’importance de la diplomatie et du dialogue international pour éviter des conflits inutiles. La paix et la coopération restent les piliers essentiels pour un avenir harmonieux.

Le point de vue de François Kraus de l’Ifop

Pour François Kraus, directeur du Pôle Politique & Actualités à l’Ifop, les projets impérialistes de Trump sont « très éloignés des attentes de ses administrés ». Il note que l’impérialisme trumpien semble être un phénomène minoritaire, particulièrement populaire parmi les jeunes hommes conservateurs. Il souligne également que l’opinion publique américaine, y compris républicaine, est réticente à suivre Trump dans ses ambitions expansionnistes, ce qui pourrait créer un décalage entre la rhétorique trumpiste et les attentes de l’opinion publique.

Méthodologie de l’étude

L’étude Ifop pour NYC.eu a été réalisée par questionnaire auto-administré en ligne auprès d’un échantillon national représentatif de 1 225 Américains âgés de 18 ans et plus (8-10 avril 2025), et d’un échantillon national représentatif de 1 000 Français âgés de 18 ans et plus (9-10 avril 2025). La marge d’erreur est d’au plus ±3% (19 fois sur 20).

Pour plus d’informations :
https://nyc.eu/press/mouriez-vous-pour-le-groenland/