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PARIS : Mondial 2026 – L’affaire des visas iraniens interroge la neutralité du sport
Le refus de visas américains à des Iraniens pour la Coupe du Monde 2026 relance le débat sur l’instrumentalisation politique du sport.
À quelques jours de l’ouverture de la Coupe du Monde 2026, une polémique diplomatique vient jeter une ombre sur l’idéal de la trêve sportive. L’Iran a vivement dénoncé un « traitement discriminatoire » suite au refus des autorités américaines d’accorder des visas à quinze membres de l’encadrement de sa délégation nationale. Cet incident, sur fond de tensions géopolitiques persistantes entre Washington et Téhéran, dépasse le simple cadre administratif et soulève une question fondamentale : les grandes compétitions peuvent-elles encore prétendre à la neutralité dans un monde fragmenté ?
Un incident symptomatique d’une nouvelle ère
Pour Christian Harbulot, directeur de l’École de Guerre Économique, et Michaël Tapiro, fondateur de la Sports Management School, cet événement est loin d’être anecdotique. Il illustre parfaitement les conclusions de leur récent livre blanc intitulé *« Le sport au-dessus des conflits : l’arbitre d’un monde sous tension ? »*. Selon les deux experts, l’ère où le sport constituait une parenthèse apaisée, un terrain neutre sanctuarisé, est révolue. Il est aujourd’hui devenu un champ d’affrontement à part entière, où s’expriment et se mesurent des enjeux de puissance, d’influence et de souveraineté nationale.
L’affaire des visas iraniens met en lumière la difficulté, voire l’impossibilité, pour un pays organisateur comme les États-Unis de dissocier totalement ses impératifs de sécurité nationale et ses priorités diplomatiques de ses responsabilités d’hôte d’un événement mondial.
Le sport comme prolongement de la géopolitique
L’analyse croisée des deux spécialistes, alliant intelligence économique et économie du sport, pointe une tendance de fond : l’accès même aux compétitions internationales est de plus en plus conditionné par les rapports de force globaux. Les sanctions, les exclusions d’athlètes ou, comme dans le cas présent, les refus de visas, deviennent des outils de pression politique qui s’invitent sur le terrain de jeu.
Les grandes compétitions sont ainsi perçues comme des plateformes stratégiques pour les États. Elles permettent de projeter une image de puissance (le fameux « soft power »), de valider un modèle politique ou de renforcer son influence sur la scène internationale. Cette dynamique est accentuée par le rôle croissant des fonds souverains et de nouveaux acteurs financiers qui investissent massivement dans le sport, non seulement pour des raisons économiques, mais aussi pour servir des agendas politiques.
Des JO de 2028 à l’horizon
La perspective des prochains grands événements, notamment les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028, ne fait que renforcer cette interrogation. Assiste-t-on à un retour des démonstrations de puissance nationale par le biais du sport, rappelant certaines périodes de la Guerre Froide ? L’épisode actuel autour de la Coupe du Monde 2026 agit comme un puissant révélateur des transformations en cours. Le sport, autrefois arbitre potentiel des tensions mondiales, semble désormais en être le miroir, et parfois même l’otage.
via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

