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PARIS : Mobilier national – Exposition Grands décor…

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Floriane Dumont
13 Avr 2024

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PARIS : Mobilier national – Exposition Grands décors de Notre-Dame

Du 24 avril au 21 juillet 2024, la DRAC Île-de-France et le Mobilier national proposent un regard inédit sur les décors de Notre-Dame de Paris.

Des chefs-d’œuvre sauvegardés après l’incendie du 15 avril 2019 aux pièces contemporaines imaginées pour remeubler la cathédrale, cette exposition soulignera le travail mené depuis cinq ans pour restaurer et repenser le décor intérieur de la cathédrale. Parmi les œuvres majeures, treize grands Mays, dus aux meilleurs peintres du XVIIe siècle (Charles Le Brun, Laurent de La Hyre, Charles Poerson, etc.) et restaurés et étudiés par la DRAC Île-de-France, seront montrés pour la première fois depuis deux siècles dans une même scénographie: une occasion unique de découvrir ces œuvres et les compétences et savoir-faire d’excellence mobilisés par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) pour leur redonner leur éclat avant leur réinstallation dans la cathédrale. Ce patrimoine d’exception dialoguera avec le tapis de chœur monumental offert par Charles X, restauré par le Mobilier national, et avec la présentation du nouveau mobilier liturgique et des assises, issus d’un concours lancé par le diocèse de Paris en 2023.

Les Mays de Notre-Dame

Au début du XVIIe siècle, après la fin des guerres de Religion et dans le cadre d’un renouveau d’expression de la foi catholique, la décoration intérieure de la cathédrale Notre-Dame de Paris fut repensée et enrichie. De nombreuses œuvres peintes furent alors accrochées dans la cathédrale. Certaines furent présentées dans les chapelles; d’autres formèrent une collection particulière, dite des «Mays» de Notre-Dame: ces tableaux, offerts chaque année au mois de mai, entre 1630 et1707, par la corporation des orfèvres de Paris, furent progressivement accrochés dans la nef. Chaque œuvre offerte était accompagnée d’une explication et d’un poème. Soixante-seize «Mays» de grand format rejoignirent ainsi la cathédrale tout au long du XVIIe siècle, formant une collection unique, témoin de la qualité artistique de la peinture religieuse en France à cette époque.

La Révolution bouleversa le décor de l’édifice et les œuvres furent dispersées : certaines d’entre elles furent accueillies dans des musées, à Paris ou en région, d’autres furent affectées à d’autres églises en France. Au XIXe puis au XXe siècle, divers mouvements permirent de replacer dans la cathédrale plusieurs des toiles qui s’y trouvaient au XVIIe siècle. Sur les soixante-seize Mays offerts, treize étaient présentés dans la cathédrale en 2019. L’incendie n’entraîna pas de dommages sur ces œuvres; toutes furent cependant évacuées et la décision fut prise de les restaurer globalement. Cette opération a été pilotée par la direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France, avec le soutien du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF).

Le tapis de chœur de Notre-Dame de Paris

Restauré depuis juillet 2022 au sein de l’atelier de restauration de tapis du Mobilier national, le tapis de chœur de près de 200m2commandé par Charles X et offert par Louis-Philippe à la cathédrale sera également présenté au public avant de rejoindre la cathédrale à sa réouverture.

Un chantier de restauration inédit

Cette exposition est une occasion unique de montrer la richesse des décors de la cathédrale, en la replaçant dans son contexte de création et en mettant l’accent sur la collection des Mays. C’est également l’occasion de mettre en valeur les savoir-faire, techniques et scientifiques, des équipes de restaurateurs qui ont contribué à la restauration des pièces exposées, révélant ainsi ces ensembles sous un jour nouveau. Au cœur de l’exposition, le travail et les gestes de ces restaurateurs et artisans d’art seront mis en avant grâce à des dispositifs numériques donnant des clefs de compréhension sur ce chantier de restauration mis en œuvre depuis 2019 parla direction régionale des affaires culturelles d’Île-de-France, avec le soutien du Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF).