PARIS : Micro-dramas – Les feuilletons chinois généré…
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PARIS : Micro-dramas – Les feuilletons chinois générés par IA visent un marché mondial à 38 milliards de dollars
Portés par l’IA, les feuilletons chinois ultracourts envahissent les smartphones et génèrent un nouveau marché mondial de plusieurs milliards.
Un nouveau phénomène médiatique, baptisé « micro-drama » ou « short drama », déferle depuis la Chine sur les écrans du monde entier. Conçus spécifiquement pour une consommation sur mobile, ces feuilletons au format vertical se composent d’épisodes d’une à deux minutes, pour des séries qui peuvent en compter jusqu’à une centaine. Le genre, axé sur des mélodrames aux scénarios simples – histoires de vengeance, de milliardaires tombant amoureux de jeunes femmes modestes – cible principalement les jeunes femmes et les ménagères des villes petites et moyennes.
Loin d’être un simple divertissement, ce format représente un modèle économique d’une efficacité redoutable, qui a déjà commencé à rebattre les cartes du streaming et de la création de contenu.
Un modèle économique freemium et addictif
La stratégie de monétisation de ces applications est agressive et bien rodée. Les 10 à 20 premiers épisodes sont généralement offerts gratuitement pour capter l’attention du spectateur. Une fois l’intrigue lancée et l’utilisateur accroché, chaque épisode suivant devient payant, coûtant environ un dollar. Le visionnage complet d’une série peut ainsi revenir entre 60 et 80 dollars, un montant significatif qui n’entrave pourtant pas le succès fulgurant du modèle.
Des applications comme ReelShort, propriété du groupe chinois COL, mais aussi DramaBox ou GoodShort, dominent ce marché naissant. Elles s’appuient sur une production à bas coût et un cycle de développement extrêmement rapide pour inonder le marché de nouveautés et fidéliser leur audience.
Une croissance exponentielle alimentée par l’IA
Les chiffres témoignent d’une dynamique économique spectaculaire. L’application phare, ReelShort, a vu ses revenus passer de 28 millions de dollars en 2022 à plus de 500 millions en 2023. Les prévisions pour 2024 tablent sur un chiffre d’affaires dépassant le milliard de dollars. À l’échelle mondiale, le marché des micro-dramas pourrait atteindre, selon les analystes, la somme colossale de 38 milliards de dollars d’ici 2027.
Cette performance repose en grande partie sur l’intégration massive de l’intelligence artificielle dans le processus de production. L’IA est utilisée pour générer des scripts en série, réaliser le doublage dans différentes langues et optimiser la diffusion. Couplée à des coûts de production très faibles, estimés entre 10 000 et 20 000 dollars par série pour un tournage qui ne dure qu’une semaine, cette approche industrielle permet une rentabilité maximale.
Une stratégie de conquête mondiale
Si le phénomène est né en Chine, son ambition est désormais planétaire. Pour séduire les marchés occidentaux, les producteurs n’hésitent pas à tourner des versions de leurs feuilletons avec des acteurs occidentaux, tout en conservant les codes narratifs qui ont fait leur succès initial. Cette stratégie de « localisation » à moindre coût est soutenue par des campagnes marketing massives et ciblées sur les réseaux sociaux, notamment TikTok et Facebook.
En s’imposant comme une nouvelle forme de divertissement de masse, les micro-dramas chinois ne sont pas seulement un succès commercial. Ils représentent également une nouvelle forme de soft power culturel et technologique, démontrant la capacité de l’écosystème numérique chinois à créer et exporter des modèles disruptifs à l’échelle mondiale.
via Presse Agence.

