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PARIS : Mickaël COHEN : « La non-conformité des ERP est une…

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PARIS : Mickaël COHEN : « La non-conformité des ERP est une bombe à retardement »

Malgré les risques d’incendie et de lourdes sanctions, près de 900 000 établissements recevant du public en France ne sont pas conformes.

Le tragique incendie survenu en janvier dernier dans une discothèque à Crans-Montana a projeté une lumière crue sur une réalité souvent négligée : la conformité des établissements recevant du public (ERP). Cet événement rappelle que derrière les normes administratives se cachent des enjeux vitaux de sécurité, notamment en matière d’évacuation et d’accessibilité. Pourtant, en France, la situation demeure préoccupante. Selon les estimations, près de 900 000 ERP – commerces, restaurants, hôtels, bureaux – restent aujourd’hui en dehors du cadre légal.

Pour Mickaël Cohen, cofondateur de DOMetVIE, qui lance une nouvelle branche spécialisée, DOMetVIE Access Pro, dédiée à cette problématique, les exploitants sous-estiment gravement les conséquences de cette non-conformité.

« Beaucoup voient cela comme une contrainte administrative lointaine, mais il s’agit d’une bombe à retardement, tant sur le plan humain que juridique et économique », prévient-il.

Des risques multiples et sous-estimés

Le premier risque, le plus évident, est celui de la sécurité des personnes. Un aménagement non conforme peut transformer un incident mineur en catastrophe. Des couloirs trop étroits, l’absence de rampes d’accès, des sorties de secours mal signalées ou encombrées sont autant de facteurs qui peuvent entraver une évacuation rapide en cas d’incendie ou de mouvement de panique. Au-delà du drame humain, la responsabilité de l’exploitant est directement engagée. En cas d’accident, sa responsabilité civile et pénale peut être mise en cause, avec des conséquences judiciaires extrêmement lourdes. À cela s’ajoutent les sanctions administratives, pouvant aller de l’amende à la fermeture pure et simple de l’établissement, une décision qui peut anéantir des années de travail.

Entre complexité réglementaire et arbitrages financiers

Alors, pourquoi un si grand nombre d’établissements demeurent-ils non conformes, des années après l’entrée en vigueur des principales réglementations ? Selon Mickaël Cohen, les raisons sont multiples. La complexité des normes techniques et la lourdeur des démarches administratives découragent de nombreux commerçants et gérants de petites structures. S’ajoute à cela un arbitrage économique souvent défavorable à court terme. Face à des investissements qui peuvent paraître coûteux, certains préfèrent prendre le risque de reporter les travaux, misant sur une faible probabilité de contrôle ou d’accident. Un calcul périlleux qui ignore les conséquences potentiellement dévastatrices d’un sinistre, mais aussi les impacts moins visibles de la non-conformité.

La perte de clientèle, une sanction invisible mais réelle

Outre les sanctions officielles, les exploitants s’exposent à une pénalité plus silencieuse : la perte de clientèle. Un commerce inaccessible ou difficile d’accès pour les personnes à mobilité réduite, les seniors ou les familles avec poussettes se prive d’une part non négligeable du marché.

« Cette perte de chiffre d’affaires est difficile à quantifier, mais elle est bien réelle. Un client qui ne peut pas entrer ou se déplacer facilement ne reviendra pas et partagera sa mauvaise expérience », analyse Mickaël Cohen.

À l’inverse, se mettre en conformité n’est plus seulement une obligation, mais une opportunité. Un établissement accessible à tous est un signal fort d’inclusion et de qualité de service, susceptible d’attirer et de fidéliser une clientèle plus large et diversifiée. L’accessibilité devient ainsi un véritable enjeu de compétitivité et un levier de croissance, transformant une contrainte réglementaire en un avantage concurrentiel durable.