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PARIS : Michel MASSET : « Renforcer les réseaux secondaires…

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PARIS : Michel MASSET : « Renforcer les réseaux secondaires, maillage indispensable de nos territoires »

Le groupe RDSE a voté le projet de loi-cadre sur les transports tout en dénonçant un manque criant de moyens financiers et d’ambition.

Le groupe RDSE (Rassemblement Démocratique et Social Européen) au Sénat a exprimé de vives réserves sur le projet de loi-cadre pour le développement des transports, bien qu’il l’ait majoritairement approuvé, considérant cette adoption comme un choix « faute de mieux ». Lors des débats, le sénateur du Lot-et-Garonne, Michel Masset, a pointé un décalage majeur entre les ambitions affichées et la réalité budgétaire, soulignant que la mobilité demeure une condition essentielle d’accès à l’emploi, aux services publics et à la santé pour de nombreux citoyens.

Un déficit d’investissement alarmant

Le principal point de friction réside dans le financement. Le sénateur a rappelé qu’aucune augmentation significative des crédits n’a été inscrite dans la loi de finances pour 2026 pour faire face aux besoins colossaux du secteur. Cette absence de moyens nouveaux contraste violemment avec l’ampleur des « dettes grises », ces investissements de maintenance et de modernisation différés qui pèsent lourdement sur les infrastructures.

Le constat chiffré est sans appel : Le réseau ferroviaire accumule une dette de 60 milliards d’euros, le réseau routier national non concédé nécessite plus de 2 milliards d’euros pour sa remise à niveau, et le secteur fluvial accuse un déficit d’un milliard d’euros. Pour le groupe RDSE, cette situation témoigne d’un « déficit d’ambition » de la part du Gouvernement sur un enjeu pourtant stratégique.

La mobilité, un levier de cohésion sociale et territoriale

Au-delà des aspects techniques et financiers, Michel Masset a insisté sur la dimension humaine et sociale de la mobilité.

« L’insuffisance de mobilité est un facteur d’exclusion, d’exode et, in fine, d’extinction de l’activité dans les territoires », a-t-il alerté.

Que ce soit en zone rurale ou périurbaine, un réseau de transport efficace et bien maillé est indispensable pour permettre aux habitants de se rendre à leur travail, d’accéder aux soins, aux services publics ou même à la culture.

Le RDSE considère ainsi que la politique des transports ne doit pas être perçue comme une simple variable d’ajustement budgétaire, mais comme un « objectif politique de premier plan » et un levier majeur pour la cohésion sociale, l’aménagement du territoire et la réussite de la transition écologique.

Des orientations positives mais une application incertaine

Malgré ces critiques, le groupe parlementaire reconnaît que certaines orientations du texte, issues de la conférence Ambition France Transports, vont dans la bonne direction. Parmi les points positifs, le RDSE a salué la mise en place d’une programmation pluriannuelle des investissements, la priorité accordée à la régénération et à la modernisation des réseaux existants plutôt qu’à la création de nouvelles grandes infrastructures, ou encore le principe d’affecter les ressources issues des mobilités au financement des transports. Le renforcement des moyens des Autorités Organisatrices de la Mobilité (AOM) est également perçu comme une avancée.

Cependant, le sénateur Masset a mis en garde contre une vision trop centralisée, focalisée sur les grands axes. Il a plaidé pour que l’effort financier ne se fasse pas au détriment des infrastructures de proximité.

« Il faut renforcer les réseaux secondaires, qui constituent le maillage indispensable de nos territoires et conditionnent une accessibilité réelle pour tous », a-t-il conclu.

via Press Agence.