PARIS : M’Hammed Sajidi : « Autisme : il est temps po…
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PARIS : M’Hammed Sajidi : « Autisme : il est temps pour le gouvernement d’agir ! »
Vaincre l’Autisme salue l’avis de la HAS sur la psychanalyse mais appelle le gouvernement à traduire cette avancée en actes législatifs concrets.
L’association Vaincre l’Autisme a salué hier une victoire qu’elle qualifie d’historique : la reconnaissance par la Haute Autorité de Santé (HAS) du caractère non recommandé des approches psychanalytiques dans l’accompagnement des personnes autistes. Si cette décision marque la fin d’une longue bataille, l’association, par la voix de son président M’Hammed Sajidi, estime qu’elle reste insuffisante et appelle désormais les pouvoirs publics à prendre des mesures politiques et législatives fortes.
Une victoire historique après vingt ans de combat.
Pour l’association, cette clarification de la HAS met un terme à une période de grande souffrance pour les familles. « Vingt ans de combats. Vingt ans de souffrances pour les familles. Vingt ans de retards accumulés pour nos enfants », martèle le communiqué de Vaincre l’Autisme. En effet, l’association rappelle qu’en 2012, la HAS n’avait pas su trancher de manière définitive, laissant la porte ouverte à des pratiques non fondées scientifiquement au sein même des institutions publiques. Cette ambiguïté, qui a perduré pendant plus d’une décennie, a contribué, selon l’organisation, à l’errance diagnostique et thérapeutique de nombreuses familles. La nouvelle position de l’autorité sanitaire doit donc, pour Vaincre l’Autisme, clore définitivement ce chapitre.
Des recommandations jugées encore trop floues.
Malgré ce progrès notable, l’association exprime de vives inquiétudes quant à l’application concrète de ces nouvelles recommandations, jugées insuffisamment contraignantes. Si la HAS reconnaît l’efficacité des interventions comportementales et développementales, Vaincre l’Autisme pointe une zone de flou persistante dans la notion de « prises en charge multidimensionnelles et pluriprofessionnelles ». Le texte de la HAS ne définirait pas avec assez de précision les qualifications et compétences requises pour intervenir auprès des personnes autistes.
Cette imprécision pourrait avoir de lourdes conséquences sur le terrain. L’association craint que le financement d’établissements proposant des prises en charge inadaptées ne perdure. De même, des professionnels insuffisamment formés aux approches validées scientifiquement pourraient continuer d’intervenir, laissant les familles démunies et souvent contraintes de supporter des coûts financiers importants pour accéder à des accompagnements pertinents.
Vers la création d’un métier d’« Autismologue ».
Face à ce constat, Vaincre l’Autisme avance des propositions concrètes pour structurer un véritable champ professionnel de l’autisme, fondé sur les données scientifiques actuelles. L’association demande la création d’un référencement national des professionnels qualifiés, la reconnaissance officielle des compétences spécifiques aux interventions comportementales et développementales, ainsi que la mise en place d’une labellisation sous l’appellation d’« Autismologue », qui serait accessible aux professionnels de divers horizons (psychologues, éducateurs, etc.) ayant suivi une formation certifiée. Une telle structuration nécessiterait des orientations claires de la part des universités et des centres de formation pour garantir des interventions de qualité, évaluées et respectueuses des droits des personnes.
Un appel pressant au pouvoir politique
Pour Vaincre l’Autisme, la balle est désormais dans le camp des responsables politiques. L’association, engagée depuis plus de 25 ans auprès des 1,3 million de personnes concernées en France, estime que sans une volonté politique forte, ces avancées resteront lettre morte. Elle appelle à l’adoption de textes législatifs clairs pour rendre les recommandations de la HAS contraignantes, mais aussi à une clarification des responsabilités entre les ministères de la Santé et de l’Éducation, avec une séparation nette des budgets. L’implication pleine et entière de l’Éducation nationale est jugée cruciale pour garantir une scolarisation effective des enfants autistes. « Il appartient désormais au Premier ministre de prendre ses responsabilités afin de garantir un accès effectif à l’éducation et à des interventions fondées sur des données scientifiques, dans l’intérêt supérieur des enfants », conclut M’Hammed Sajidi.