PARIS : Métiers d’art – La jeune création réinvente l’excellence au Grand Palais
L’Institut pour les Savoir-Faire Français a dévoilé ce jeudi les lauréats du Prix Avenir 2025 au Grand Palais, célébrant la relève de l’artisanat.
C’est dans l’écrin prestigieux du Grand Palais, récemment restauré, que s’est tenue la cérémonie nationale du Prix Avenir Métiers d’Art. Organisé par l’Institut pour les Savoir-Faire Français, ce concours unique en son genre met en lumière, depuis plus de vingt ans, les jeunes talents de moins de 26 ans en formation dans les filières de l’artisanat d’art. Pour cette édition 2025, soutenue par le ministère de la Culture, la Fondation Rémy Cointreau et la Banque Populaire, le jury a distingué des créations alliant maîtrise technique séculaire et vision contemporaine.
Une jeunesse qui se raconte à travers la matière
Loin de l’image parfois poussiéreuse des vieux métiers, la promotion 2025 démontre une vitalité créative exceptionnelle.
« Les dix lauréats 2025 ne façonnent pas seulement la matière. Ils s’y racontent, insufflant à leur métier une part d’intime, parfois audacieuse, souvent bouleversante », a déclaré Luc Lesénécal, président de l’Institut pour les Savoir-Faire Français.
Au niveau 3 (CAP), le premier prix a été attribué à Lola Canot, élève en plumasserie au Lycée Octave Feuillet à Paris. Son œuvre, une malle ornée baptisée « Iter », a nécessité plus de 200 heures de travail pour sublimer le thème de la migration. Dans la catégorie niveau 5/6 (études supérieures), Maxime Jeanne (IFP 43, Occitanie) s’est imposé avec un présentoir à montres en ébénisterie d’art, conçu pour l’horlogerie de luxe.
L’armurerie stéphanoise à l’honneur
La compétition de niveau 4 (Bac Pro, Brevet des Métiers d’Art) a particulièrement mis en valeur la diversité des terroirs. Si le premier prix est revenu à l’ébéniste Léa Jorda pour son « Comptoir accordéon », le savoir-faire de la région Auvergne-Rhône-Alpes a brillé grâce à Donys Chirol. Formé au Lycée des métiers Benoît Fourneyron à Saint-Étienne, ce jeune talent a décroché le 3ème prix national grâce à son projet « L’âme artisanale ».
Sa création, une carabine de chasse d’exception, est le fruit d’un travail titanesque de près de 1 700 heures. Mêlant coutellerie artisanale et armurerie fine, l’œuvre intègre de l’acier damassé et une mécanique entièrement repensée. Ce prix vient saluer l’excellence de la formation stéphanoise et la persévérance d’un étudiant qui a modélisé, usiné et guilloché chaque pièce de son ouvrage.
La transmission comme clé de voûte
Au-delà des trophées, dessinés cette année par l’ancienne lauréate Diane Collongues, le Prix Avenir célèbre le lien indéfectible entre élèves et enseignants.
Le rôle des formateurs est crucial pour accompagner ces vocations, comme en témoigne Alexandre Duc, professeur au lycée de Château-Chinon : « Entre le régional et le national, j’ai découvert une autre jeune femme, plus ouverte et confiante », confie-t-il au sujet de son élève Léa Jorda.
Ces distinctions offrent aux jeunes artisans une visibilité essentielle à l’heure où, selon l’étude Perceptio, seuls 35 % des Français déclarent bien connaître ces métiers malgré une image très positive. Les lauréats rejoignent ainsi un réseau de près de 200 anciens vainqueurs, véritables ambassadeurs de l’intelligence de la main.
L’ensemble des résultats et des parcours est consultable sur le site de l’Institut : https://www.institut-savoirfaire.fr/

