PARIS : Mayotte, un besoin d’égalité républicaine
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PARIS : Mayotte, un besoin d’égalité républicaine
Estelle Youssouffa, Députée de Mayotte.
Mayotte, française depuis 1841 n’est devenue un département qu’en 2011. Sur cet archipel de l’océan Indien, la promesse d’égalité républicaine et d’émancipation incarnée par la départementalisation est mise en échec par un sous-investissement public structurel et une crise migratoire unique alimentée par les Comores.
Au fil des années, Mayotte a plongé dans l’asphyxie à cause d’un paradoxe juridique : le droit du sol, pilier de l’édifice républicain, et le visa territorialisé fixant les étrangers en situation régulière à Mayotte se sont transformés en leviers dysfonctionnels, produisant des effets délétères sur le territoire. Le droit du sol, qui autrefois incarnait les valeurs d’égalité et d’intégration républicaines, est devenu, sur l’île, un formidable aimant pour des flux migratoires incontrôlés.
Les Mahoraises et Mahorais ne peuvent plus continuer à porter à eux seuls le poids de cette pression migratoire. L’heure est venue de prendre des décisions courageuses : il faut repenser l’approche de ce territoire qui appelle la République à l’aide et à abroger le droit du sol à Mayotte tout en adoptant une loi de programmation pour enclencher une dynamique d’égalité sociale et de croissance économique.
Aujourd’hui, largement plus de la moitié des habitants de Mayotte est d’origine étrangère, en grande partie des ressortissants comoriens qui viennent nourrir la revendication territoriale de leur pays d’origine. Alors que Mayotte voit des bateaux chargés de migrants arriver quotidiennement sur ses plages, son hôpital est aussi devenu la première maternité de France avec plus de 10 000 naissances par an, 74 % des femmes qui accouchent à Mayotte sont étrangères, 67,6 % d’entre elles venant des Comores.
Nous devons avoir l’honnêteté intellectuelle de sortir des postures dogmatiques, de considérer que si la géographie de Mayotte ne peut changer, nos politiques doivent se réinventer quand elles sont mises en échec par un voisin qui instrumentalise les flux migratoires et nos propres lois pour déstabiliser le territoire national.
Il est temps de rompre avec les demi-mesures et le bricolage. L’abrogation du droit du sol à Mayotte et la suppression du visa territorialisé sont des impératifs pour assurer la survie de l’île et de ses habitants, pour couper court aux ingérences étrangères pilotées par les Comores et la Russie. Il ne s’agit pas de défaire le projet républicain, mais bien de garantir l’intégrité du territoire national avec des réponses spécifiques et proportionnées. C’est un premier pas indispensable vers la restauration de l’ordre public dans le 101e département français.
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SOURCE : UDI – Les infos de la semaine.


