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PARIS : Max BAUER : « Projet de loi agricole, un texte sous…

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PARIS : Max BAUER : « Projet de loi agricole, un texte sous tension entre urgence de produire et bataille politique » !

Eau, produits phytosanitaires, élevage, revenus, le texte censé répondre à la colère agricole est arrivé mardi 19 mai à l’Assemblée, sous la menace d’un bras de fer politique jusqu’au vote du 2 juin.

Une bataille à haut risque. Le projet de loi d’urgence agricole, réponse du gouvernement à la colère du secteur l’hiver dernier,  promettant de longs débats tendus autour des questions du stockage d’eau, des produits phytosanitaires ou encore de l’élevage. Alors que les décrets de la loi d’orientation agricole et de la loi dite Duplomb n’ont pas encore tous été publiés, les députés planchent à nouveau sur les moyens de soutenir le secteur, possiblement pour la dernière fois avant l’élection présidentielle.

Le texte aborde de nombreux sujets, de la souveraineté alimentaire à la question du loup, en passant par celle du revenu des agriculteurs, avec pour ambition d’apporter des « solutions concrètes » à leurs difficultés.

Dans les colonnes du Figaro, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a défendu « une loi de réconciliation » entre « urgence écologique » et « urgence de produire ». Elle a appelé les parlementaires à ne pas faire d’« obstruction » pour empêcher l’examen du texte. Ce que les Écologistes ont promis de ne pas faire, tout en prévenant qu’ils défendraient pied à pied leurs positions.

Quelque 2.200 amendements ont été déposés, même si certains seront déclarés irrecevables, et des journées d’examen ont été ajoutées pour espérer en venir à bout.

Comme d’habitude, les débats seront plusieurs fois interrompus par d’autres textes d’ici au vote final, prévu le 2 juin.

Face à l’opposition de la gauche à de nombreuses mesures, vues comme des atteintes au droit de l’environnement, le gouvernement espère faire adopter cette réforme comme un signal fort en direction du monde agricole.

Au cœur de ce débat, l’exécutif joue bien plus qu’un simple texte technique : il tente de répondre à la crise agricole tout en arbitrant entre impératifs économiques, exigences environnementales et rapport de force parlementaire. À quelques semaines du vote final, l’issue reste incertaine, preuve qu’en matière d’agriculture, chaque avancée législative se heurte désormais à une fracture politique profonde.

Max BAUER, syndicaliste agricole.