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PARIS : Max BAUER : « L’affaire Hamza révèle une société qui a cessé de fonctionner »
Pour l’ancien syndicaliste Max Bauer, les agissements d’un adolescent au canal Saint-Martin ne sont pas anecdotiques mais le symptôme de défaillances profondes.
Dans une analyse incisive, Max Bauer, ancien président de la Coordination Rurale du Var et figure engagée dans la politique du territoire, appelle à ne pas sous-estimer la portée des troubles causés par un adolescent de 14 ans, connu sous le prénom de Hamza, au canal Saint-Martin à Paris. Loin d’y voir une simple crise d’adolescence, il y décèle les fissures d’un pacte social et éducatif.
« Il serait tentant de balayer l’affaire Hamza d’un revers de main. Après tout, il n’a que 14 ans. Mais précisément, c’est parce qu’il a 14 ans que ce qu’il incarne mérite d’être regardé avec sérieux », insiste Max Bauer.
Depuis plusieurs semaines, les vidéos de ses agissements se multiplient sur les réseaux sociaux : bousculades, humiliations de passants, vols, provocations et défis constants à toute forme d’autorité. Pour l’observateur, cette accumulation dessine le portrait d’un jeune en proie à une « absence totale de limites », symptôme d’un cadre éducatif défaillant à plusieurs niveaux.
Une triple défaillance : familiale, numérique et sociale
Max Bauer pointe en premier lieu une responsabilité parentale qui ne peut être éludée. Selon lui, quand un mineur s’enferme dans une spirale de comportements agressifs et récurrents, il ne s’agit plus d’un simple écart mais d’un « défaut de régulation ». Il estime que refuser de l’admettre par crainte de stigmatiser revient à aggraver le problème.
« La responsabilité parentale ne peut pas être un principe abstrait, elle doit s’incarner, y compris à travers des mesures contraignantes lorsque la situation l’exige », affirme-t-il.
Cependant, s’arrêter à la seule sphère familiale serait une erreur d’analyse. Max Bauer souligne le rôle déterminant des réseaux sociaux, qui transforment ces transgressions en spectacle. L’environnement numérique « amplifie, valorise et rentabilise ses débordements », créant une économie de l’attention autour de comportements destructeurs.
Enfin, il s’inquiète d’une « tolérance sociale préoccupante ». Par lassitude, relativisme ou peur, la société hésiterait à nommer les faits pour ce qu’ils sont. « On parle de “provocation”, de “bêtise”, de “jeu”. Mais ces mots affaiblissent la réalité qu’ils décrivent », dénonce-t-il, rappelant que ces actes constituent des atteintes concrètes à la sécurité et à la tranquillité d’autrui. Les minimiser ne ferait que préparer leur répétition.
Pour un sursaut d’autorité et de responsabilité
Face à ce constat, la réponse ne peut être uniquement émotionnelle. Max Bauer appelle à une réaction structurée et cohérente, fondée sur la réaffirmation de principes clairs. Il soutient qu’un mineur n’est pas fondamentalement irresponsable, que ses actes doivent avoir des conséquences et que l’autorité parentale est engagée.
Cette approche implique des sanctions « adaptées, rapides, lisibles » et une évolution des pratiques collectives, notamment numériques, pour cesser de faire de ces comportements un objet de divertissement viral.
« Hamza n’est pas seulement un adolescent en difficulté. Il est le produit d’un système qui, à plusieurs niveaux, a cessé de fonctionner correctement. Le reconnaître n’est pas accabler. C’est, au contraire, se donner les moyens d’agir », conclut Max Bauer.
Il termine sa réflexion par une mise en garde sur les conséquences à long terme d’une société qui renonce à fixer des limites à sa jeunesse.
« Sans tuteur, l’arbre se tord et finit par se briser ; sans règles ni autorité, la jeunesse se délite. Et l’avenir qui en naît n’est pas celui d’une société libre et forte, mais d’un monde instable, peuplé d’individus sans repères, incapables de bâtir, de transmettre ou même de tenir debout. »
via Presse Agence.
