PARIS : Max BAUER : « Il était une fois un milieu qui croya…
Partager :

PARIS : Max BAUER : « Il était une fois un milieu qui croyait pouvoir critiquer son banquier »
Il était une fois un milieu qui croyait pouvoir critiquer son banquier sans jamais risquer de se voir couper les vivres.
600 signatures dans Libération ont défié Vincent Bolloré. Maxime Saada, président de Canal+, a répondu non par une tribune, mais par un robinet banquière qui se coupe .
La leçon est brutale !
L’illusion de l’impunité ,depuis des années, du cinéma français qui vit dans une folie. On tourne des films financés par Canal+, on encaisse des cachets de Bolloré, et le soir, entre deux cocktails aux César, on signe des tribunes contre « l’emprise de l’extrême droite ».
C’était gratuit , jusqu’à ce que ça ne le soit plus.
La pétition, signée par Juliette Binoche et Swann Arlaud, dénonçait « l’emprise grandissante de l’extrême droite ». Un combat noble. Sauf que le combat se paye avec l’argent de celui qu’on combat.
La réponse de Canal+ de Maxime Saada a énoncé un principe : « Je ne travaillerai plus avec les gens qui ont signé cette pétition. »Traduction : vous avez choisi le combat. Maintenant, assumez.
Ce n’est pas de la censure. C’est la liberté de ne pas financer ceux qui vous traînent dans la boue.
Le paradoxe de la « gauche culturelle »du cinéma qui joue aux rebelles subventionnés. On crie contre le capitalisme, on signe contre les milliardaires, et le lendemain, on encaisse les cachets du même capitalisme.La récréation est terminée.
Canal+ représente 200 millions d’euros par an pour le cinéma français. Sans eux, pas de films d’auteur, pas de premiers longs métrage. Le jour où ils ont signé la pétition, ils ont signé leur propre incompétence économique. Cette affaire dépasse Canal+. Pendant que la tribune anti-Bolloré secoue le festival, « C à vous » d’Anne-Élisabeth Lemoine prend cher sur les réseaux : « Tout ça avec nos impôts », « On coupe dans l’hôpital mais on arrose la Croisette ».
Le cinéma français doit choisir , faire des films, en acceptant les réalités économiques, ou faire de la politique, et assumer d’en payer le coût. Peut-on traiter Bolloré de « fasciste » tout en tournant avec son argent ? La réponse de Canal+ est claire , non!
Celui qui paye décide. Celui qui attaque risque. Celui qui signe une pétition assume.
Bravo à Maxime Saada et Vincent Bolloré. Ils ont rappelé une règle élémentaire ,on ne peut pas traiter son banquier de fasciste et s’étonner quand il ferme le guichet.
Le temps où Bolloré finançait ses propres fossoyeurs est sûrement terminé.
La liberté d’expression, oui! Mais la liberté de ne pas financer ceux qui vous attaquent, aussi.
Max BAUER, syndicaliste agricole.


