PARIS : Martin PAVANELLO : « L’intelligence artificie…
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PARIS : Martin PAVANELLO : « L’intelligence artificielle dessine une nouvelle fracture démocratique »
À l’approche des municipales, Martin Pavanello, CEO de Mister IA, analyse le bouleversement silencieux de la démocratie locale par les algorithmes.
Alors que la campagne pour les élections municipales de mars 2026 bat son plein, un nouvel acteur s’est invité dans les états-majors des candidats : l’intelligence artificielle. Loin d’être anecdotique, son utilisation massive pour la génération de messages, la segmentation des électeurs ou l’analyse territoriale marque, selon les observateurs, un tournant majeur. Pour Martin Pavanello, co-fondateur de l’entreprise Mister IA, il s’agit d’un « déplacement silencieux du jeu démocratique local ».
L’industrialisation de la promesse électorale
Sur le terrain, l’IA ne se limite plus à un simple outil de communication. Elle permet désormais de « promettre plus vite, personnaliser à grande échelle et industrialiser le discours politique », observe l’expert. Cette automatisation soulève des questions éthiques inédites, notamment l’absence de mécanismes clairs de responsabilité ou de contrôle sur les contenus générés. La valeur de la parole politique se trouve ainsi interrogée lorsqu’elle est calibrée et optimisée par des systèmes automatisés plutôt que par la réflexion humaine directe.
Une asymétrie de compétences
Au-delà de l’outil technique, Martin Pavanello identifie l’émergence d’une nouvelle ligne de fracture. Celle-ci ne sépare plus seulement les candidats selon leurs moyens financiers, mais selon leur maîtrise technologique. « C’est une fracture entre ceux qui maîtrisent la gouvernance des outils cognitifs de l’IA et ceux qui la subissent », analyse-t-il. Cette asymétrie de compétences crée un déséquilibre profond dans la compétition électorale, favorisant ceux capables de déployer ces nouveaux instruments de persuasion.
De l’outil de campagne à l’objet politique
Pour le dirigeant de Mister IA (https://www.mister-ia.com), l’intelligence artificielle ne doit pas rester cantonnée à la conquête du pouvoir. Elle doit devenir un « objet politique assumé », débattu publiquement et inscrit au cœur des programmes.
L’enjeu est de taille pour la future gouvernance locale : l’IA impacte directement les services publics, les choix budgétaires et la relation aux citoyens. « L’IA est un levier de transformation politique qui engage des choix démocratiques, et non un simple gadget de campagne », insiste Martin Pavanello.
Diplômé d’HEC Paris, Martin Pavanello a cofondé Mister IA en juin 2023. Son entreprise accompagne aujourd’hui la montée en compétences des organisations face aux défis de l’intelligence artificielle générative.