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PARIS : Marie-Claire Carrère-Gée : « La France a besoin d’un sursaut, pas d’une simple alternance »

La sénatrice Marie-Claire Carrère-Gée lance le collectif « Sursaut » pour refonder un projet politique inspiré du gaullisme social.

Face à ce qu’elle qualifie de « plus d’une décennie de flottement et d’absence de stratégie affirmée », la sénatrice de Paris, ancienne ministre et conseillère sociale auprès du président Chirac, Marie-Claire Carrère-Gée, engage une nouvelle initiative politique : le collectif « Sursaut ».

Cette démarche, qui associe des experts et des acteurs de la société civile, du monde économique et social, vise à sortir le débat public de sa torpeur pour élaborer un projet politique à la hauteur des enjeux nationaux.

Un diagnostic sévère sur un pays en déclin

Le constat dressé par la fondatrice de « Sursaut » est sans concession.

Selon elle, le débat politique actuel est paralysé, oscillant entre deux écueils : « le déni de nos problèmes et la recherche de boucs émissaires ».

Elle dénonce une vie politique qui s’est « à la fois éloignée du quotidien des Français et des ambitions de long terme pour la France », s’enfermant « dans le commentaire, dans l’instant, dans l’incapacité à décider et dans le petit jeu des tactiques personnelles, au profit des extrêmes ».

Marie-Claire Carrère-Gée énumère une longue liste de maux qui, d’après elle, résultent de cette absence de vision : « Déficit, endettement, menaces sur la protection sociale et sur la cohésion nationale, délitement de l’autorité, perte d’influence internationale, désindustrialisation, démographie en berne, déclassement en matière de formation, déshérence des services publics et des infrastructures, ventes à la découpe de nos fleurons ».

Pour la sénatrice, à la fracture sociale et territoriale s’ajoute désormais une « fracture nationale », tandis que « grandes puissances et petits Etats avancent et préparent un nouvel ordre mondial ».

Le gaullisme social comme boussole et ressource

Pour contrer ce qu’elle perçoit comme un renoncement généralisé, Marie-Claire Carrère-Gée affirme sa conviction que « rien n’est écrit d’avance » et que « la France n’est pas condamnée au déclin ».

Elle propose de puiser dans une source d’inspiration historique : le gaullisme social. Loin d’être un simple « souvenir », il est présenté comme une « ressource » vivante et une « énergie » pour l’avenir.

« L’énergie du sursaut, lorsque tout semble vaciller. L’énergie de l’unité, lorsque menace le poison de la division. L’énergie d’un progrès juste, qui n’abandonne personne. L’énergie d’une fierté et d’une ambition françaises », précise le manifeste du collectif.

Cette philosophie politique repose sur des piliers clairs, au premier rang desquels figure l’indépendance nationale – énergétique, industrielle, alimentaire et technologique – considérée comme la condition sine qua non d’une « liberté durable » et d’une « puissance réelle ».

Le collectif insiste sur l’indissociabilité de la performance économique et de l’équité.

« Il ne choisit pas entre l’efficience économique et la justice sociale : il les rend indissociables », souligne le texte fondateur, qui ajoute que cet esprit « ne se résigne pas aux rapports de force du monde : il y inscrit la voix de la France ».

Un cap clair pour une refondation intellectuelle

Le collectif « Sursaut » prévient qu’il ne produira pas « un catalogue de mesurettes de plus », estimant que la France a surtout besoin « d’un cap clair, d’une cohérence retrouvée, d’une ambition assumée ».

La démarche se définit comme une « refondation intellectuelle visant à redonner une boussole à l’action publique dans un contexte de crises systémiques ».

Les lignes de force de la réflexion sont déjà tracées : « Refaire nation, reprendre le contrôle du futur, protéger concrètement, garantir à chacun une vie digne dans un État qui tient debout et qui tient ses promesses ».

Dans les mois à venir, le collectif entend nourrir le débat public et parlementaire par des contributions, des prises de parole et des échanges.

La démarche se veut ouverte et rassembleuse, avec la conviction qu’il est des « périodes où l’histoire hésite ».

Face à ce constat, Marie-Claire Carrère-Gée appelle à l’action pour ne pas simplement accompagner le mouvement, mais le provoquer.

Elle conclut sur une phrase qui résume l’esprit de son initiative : « La France n’a pas besoin d’une simple alternance. Elle a besoin d’un cap. Elle a besoin d’un sursaut ».

via Press Agence.